Publié le 2024-02-29 10:32:00. De nouvelles recommandations européennes précisent que si une carence en vitamine D peut affecter la réussite des implants dentaires, un dépistage et une supplémentation systématiques ne sont pas justifiés pour tous les patients.
- Une carence en vitamine D est fréquente, touchant jusqu’à 50 % des patients en fonction de la saison et jusqu’à 80 % des personnes âgées.
- Les experts recommandent une approche individualisée, avec un dosage de la vitamine D uniquement en cas de suspicion clinique ou de complications post-opératoires.
- Des études supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre l’impact de la durée de la carence, des fluctuations des taux et des risques d’un surdosage.
Une carence en vitamine D pourrait compromettre la stabilité des implants dentaires et favoriser les infections, selon une étude menée par 23 sociétés scientifiques et organisations européennes. Toutefois, les experts de la Société allemande d’implantologie (DGI eV) et de la Société allemande de médecine dentaire, buccale et maxillo-faciale (DGZMK) soulignent qu’il n’est pas nécessaire de tester ou de supplémenter systématiquement tous les patients subissant une pose d’implants.
Environ 30 % des adultes souffrent d’une carence en vitamine D, un chiffre qui peut grimper jusqu’à 50 % pendant les mois d’hiver. Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables, avec un taux de prévalence atteignant 80 %. Le corps produit naturellement cette vitamine essentielle grâce à l’exposition au rayonnement UVB du soleil, couvrant jusqu’à 90 % des besoins. La vitamine D joue un rôle crucial dans le métabolisme osseux et son manque peut entraîner des pathologies telles que le rachitisme, l’ostéomalacie ou l’ostéoporose.
L’analyse des études scientifiques existantes a révélé que de faibles niveaux de vitamine D peuvent être associés à un retard dans la formation osseuse autour des implants, à une diminution de leur stabilité et à un risque accru d’infections péri-implantaires. Cependant, les auteurs des nouvelles lignes directrices S3 insistent sur le caractère hétérogène et parfois limité des preuves disponibles. Le coordinateur de la ligne directrice, Prof. Dr. Dr. avec. Knut A. Grötz (Wiesbaden), explique :
« Un dépistage général ou une supplémentation générale ne peuvent actuellement pas être recommandés. »
Les dentistes sont donc invités à adopter une approche personnalisée. Si des antécédents médicaux suggèrent une carence ou si celle-ci est déjà diagnostiquée, un dosage précis de la vitamine D peut être pertinent. De même, en cas de perte précoce d’implants inexpliquée ou d’infections péri-implantaires récurrentes, un bilan du statut vitaminique D peut apporter des informations complémentaires. Un simple test sanguin ou un test rapide par prélèvement capillaire en cabinet peuvent être utilisés.
Si une carence est confirmée, une supplémentation ciblée avant l’intervention pourrait aider à réduire l’inflammation et l’œdème post-opératoires. Des études suggèrent également une meilleure intégration osseuse et une stabilité accrue des implants chez les patients ayant des niveaux de vitamine D normalisés. Dans ces cas, une supplémentation continue pour maintenir la densité osseuse peut être envisagée. La détermination et la supplémentation peuvent également être utiles dans la prise en charge de la péri-implantite.
Les auteurs des recommandations soulignent la nécessité de poursuivre les recherches, notamment sur l’impact de la durée de la carence, l’importance des variations des taux de vitamine D et les effets potentiels d’un surdosage sur la mâchoire. En attendant, ils conseillent aux dentistes de peser soigneusement les avantages et les risques pour chaque patient, en tenant compte des données scientifiques actuelles, afin de garantir la stabilité et la santé à long terme des implants et des procédures d’augmentation.
Source : DGI