Home Santé NYU Langone Health : Nous sommes proches de l’IA clinique sans aucun humain dans la boucle

NYU Langone Health : Nous sommes proches de l’IA clinique sans aucun humain dans la boucle

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L’intelligence artificielle est sur le point de révolutionner la pratique médicale, allant au-delà de l’assistance pour prendre en charge des tâches cliniques complexes de manière totalement autonome. Des experts de NYU Langone Health prévoient que cette automatisation complète deviendra une nécessité dans un avenir proche, face à des contraintes de ressources et à la nécessité d’améliorer l’efficacité des soins.

Le Dr Devin Mann, directeur principal de l’innovation informatique au Center for Healthcare Innovation and Delivery Science de NYU, illustre cette tendance avec l’exemple de la gestion de l’hypertension artérielle. « Nous avons déjà un assistant d’IA pour notre programme de suivi de la pression artérielle à domicile, mais dans cinq ans, nous n’aurons plus besoin d’un humain pour ajuster les médicaments », affirme-t-il.

Le Dr Paul Testa, responsable de l’information médicale à l’Université de New York, partage ce point de vue. Il souligne que l’automatisation complète est particulièrement pertinente pour des affections comme l’hypertension, où les ajustements médicamenteux suivent des protocoles bien établis et s’appuient sur des données objectives. Actuellement, amener un patient à atteindre sa tension artérielle cible peut prendre de six à neuf mois, en raison de la lenteur des ajustements et des interactions répétées avec le système de santé. L’IA pourrait considérablement réduire ce délai.

Au-delà de la rapidité, l’IA pourrait combler un manque crucial de personnel médical. « Les directives cliniques exigent souvent un niveau de suivi et de soutien que nous ne pouvons tout simplement pas fournir avec les ressources humaines disponibles », explique le Dr Mann. Il prend l’exemple de la nutrition et de la gestion des maladies chroniques, où le nombre de professionnels de santé nécessaires dépasserait largement les effectifs actuels. « Nous n’embaucherons jamais 50 000 diététistes. Ils n’existent même pas, et le remboursement de leurs services est insuffisant. L’IA va combler ce vide. »

L’automatisation pourrait également transformer le dépistage de maladies comme la rétinopathie diabétique, qui reste faible à l’échelle nationale (environ 15 %). Le Dr Testa estime qu’un dépistage et un acheminement entièrement automatisés pourraient porter ce taux à près de 100 %, en éliminant les étapes manuelles qui entraînent des retards et des frictions.

Les experts insistent sur le fait que cette évolution ne vise pas à remplacer les cliniciens, mais à libérer leur temps pour des tâches plus complexes et relationnelles. « L’IA permettra aux médecins de se concentrer sur l’éducation des patients, la prise de décision partagée et les cas les plus difficiles », précise le Dr Mann. « Ce sont des domaines où la persuasion, la confiance et la nuance sont essentielles, et où l’IA a encore des limites. »

En résumé, les Drs Mann et Testa envisagent un avenir où l’IA autonome ne sera pas une simple innovation, mais une réponse pragmatique aux défis du système de santé moderne.

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