Publié le 15 février 2024 à 06h50. Une étude du Centre allemand de recherche sur le cancer suggère que la vitamine D pourrait jouer un rôle dans l’amélioration des chances de survie des patients atteints de cancer, en particulier chez les personnes âgées et celles présentant une carence.
- Une analyse de 14 études impliquant plus de 105 000 participants révèle un lien entre la prise de vitamine D3 et une mortalité réduite liée au cancer.
- La carence en vitamine D est plus fréquente chez les patients atteints de cancer que dans la population générale.
- Une supplémentation quotidienne en vitamine D3 semble plus efficace qu’une administration occasionnelle de fortes doses.
Selon le Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ), la vitamine D pourrait influencer positivement le pronostic des patients atteints de cancer. Les résultats, issus de l’évaluation de 14 études portant sur un total d’environ 105 000 participants, suggèrent que la vitamine D3 ne préviendrait pas le développement du cancer, mais pourrait réduire le risque de décès lié à la maladie.
L’étude met en évidence une prévalence accrue de la carence en vitamine D chez les patients cancéreux. Alors que 15 % des adultes en Allemagne souffrent généralement de cette carence, ce chiffre grimpe à 59 % chez les patients atteints d’un cancer du côlon, selon les données du DKFZ.
Les recherches indiquent que l’effet bénéfique de la vitamine D3 est particulièrement marqué chez les personnes de plus de 70 ans et chez celles qui ont commencé à prendre de la vitamine D avant d’être diagnostiquées.
« Selon les études actuelles, la prise de vitamine D3 ne protège probablement pas contre le développement d’un cancer, mais elle pourrait réduire le risque de mourir d’un cancer », explique Ben Schöttker, épidémiologiste au DKFZ.
L’étude précise que l’administration quotidienne de vitamine D3, même chez les personnes ne présentant pas de carence, a été associée à une diminution de 12 % de la mortalité par cancer dans dix études analysées. Ben Schöttker précise : « Nous avons observé une réduction de 12 % de la mortalité par cancer après une administration non ciblée de vitamine D3 à des personnes avec ou sans carence en vitamine D. » Il suppose que cet effet serait encore plus important chez les personnes souffrant d’une carence avérée.
Les chercheurs attribuent cette différence d’efficacité à la disponibilité plus constante de l’hormone 1,25-dihydroxyvitamine D, produite par l’organisme à partir de la vitamine D, qui inhiberait potentiellement la croissance tumorale.
Il est toutefois recommandé de consulter un médecin avant d’envisager une supplémentation quotidienne en vitamine D. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) met en garde contre les risques liés à une surdose de vitamine D, fixant la limite maximale à 100 microgrammes par jour pour les adultes.
L’étude du DKFZ souligne également que les effets de la vitamine D sur le cancer semblent dépendre de la dose. Si des doses élevées administrées occasionnellement n’ont pas montré d’effet significatif, une supplémentation quotidienne en vitamine D3 s’avère plus prometteuse.