Donald Trump a annoncé jeudi un accord historique avec les géants pharmaceutiques Novo Nordisk et Eli Lilly visant à réduire drastiquement les prix de certains traitements révolutionnaires contre le diabète et l’obésité aux États-Unis. Ces médicaments, dont l’emblématique Ozempic, dont le coût mensuel pouvait parfois atteindre plus de 1 000 dollars (environ 920 euros), deviendront ainsi plus accessibles à une population confrontée à un fléau sanitaire croissant.
Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le président américain a précisé que les deux laboratoires s’étaient engagés à proposer leurs médicaments « amaigrissants GLP-1 les plus populaires […] à des prix considérablement réduits ». Cette annonce fait suite à une envolée de la demande pour cette nouvelle génération de médicaments, initialement conçus pour le traitement du diabète mais dont l’efficacité remarquable sur la perte de poids a suscité un engouement majeur. Aux États-Unis, où près de 40 % des adultes luttent contre l’obésité, une maladie chronique aux lourdes conséquences, l’accès à ces traitements restait jusqu’alors limité par leur coût prohibitif.
L’accord prévoit que Novo Nordisk et Eli Lilly proposent ces traitements injectables, qui imitent une hormone régulant l’appétit, aux assurances de santé publiques américaines – couvrant notamment les personnes âgées et les plus démunis – pour environ 245 dollars par mois. Pour les assurés, le reste à charge ne devrait plus excéder 50 dollars mensuels. En contrepartie, les laboratoires bénéficieront d’une exemption de droits de douane pendant trois ans et de procédures d’approbation accélérées auprès de l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) pour certains de leurs futurs traitements.
« C’est révolutionnaire », s’est réjouie auprès de l’AFP Cristy Gallagher, directrice de recherche à la STOP Obesity Alliance. Elle salue des « mesures décisives » qui devraient permettre de « rendre ces médicaments essentiels davantage accessibles et abordables pour des millions de personnes ». L’obésité, fléau sanitaire mondial, est reconnue comme un facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires, le diabète, certains cancers et peut compliquer des pathologies comme la COVID-19.
L’accord annonce également un élargissement de la prise en charge de ces traitements par Medicare, l’assurance-santé publique destinée aux seniors américains, ainsi que d’autres réductions. Toutefois, certains détails restent encore flous. Scott Kahan, directeur d’un centre spécialisé dans la gestion de l’obésité à Washington, appelle à la prudence : « Est-ce que cela signifie que les traitements seront accessibles à tous ceux qui le souhaitent, ou seulement aux personnes ayant un certain indice de masse corporelle ? », s’interroge-t-il, attendant des précisions avant de parler de victoire.
Pour les Américains couverts par une assurance privée, qui constituent la majorité de la population, ou ceux sans assurance, un nouveau site internet géré par le gouvernement, nommé TrumpRx, devrait bientôt leur permettre d’acquérir ces médicaments à prix réduit. Un traitement mensuel sera proposé à partir d’environ 350 dollars. Ce coût pourrait encore diminuer pour des médicaments administrés par voie orale (comprimés), dont l’approbation est en cours, descendant potentiellement à 150 dollars par mois.