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parce que l’hiver inquiète les experts

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Publié le 2025-10-28 06:36:00. Alors que la saison grippale s’annonce compliquée pour des millions d’Italiens, une pénurie de médecins généralistes menace de surcharger les urgences. Les patients, notamment les plus fragiles, risquent de se retrouver sans suivi médical adapté, face à une épidémie potentiellement agressive.

  • La diminution du nombre de médecins de famille en Italie rend la gestion de la grippe plus difficile, en particulier pour les personnes âgées et chroniquement malades.
  • Ce manque de professionnels affaiblit le rôle de « filtre » de la médecine générale, susceptible d’entraîner une augmentation des recours inappropriés aux urgences.
  • Les prévisions alarmantes indiquent une aggravation de la pénurie de médecins, avec un risque de voir 8 millions d’Italiens sans médecin traitant d’ici fin 2026.

La saison grippale qui s’annonce en Italie promet d’être particulièrement éprouvante pour les quelque 5 millions de citoyens privés de médecin traitant. Cette situation, exacerbée par un manque criant de « blouses blanches » sur le territoire, complique la prise en charge des patients, surtout les plus vulnérables. Comme le souligne Silvestro Scotti, secrétaire national de la Fédération des médecins généralistes (Fimmg), l’absence d’un point de référence de confiance rend la prévention, le traitement et la gestion des complications liées au virus de la grippe plus ardus. Cette inquiétude est d’autant plus pressante que l’épidémie pourrait se montrer agressive, à en juger par les premières observations en Australie et au Japon.

Le rôle de la médecine générale en tant que premier rempart face aux urgences sanitaires est clairement établi, mais ce « filtre » est actuellement affaibli. Silvestro Scotti constate une baisse significative du nombre de médecins généralistes, passant de 43 000 à 37 000 en quelques années. Cette diminution laisse de nombreux Italiens sans ancrage territorial médical. Concrètement, la proposition de vaccination antigrippale, habituellement personnalisée par le médecin en fonction des antécédents du patient, ne peut être formulée et appliquée dans de nombreux cas. La capacité d’assistance lors des pics épidémiques est également réduite, augmentant la pression sur des services d’urgence déjà sous tension et devenant parfois l’unique recours pour les patients.

La crise des effectifs médicaux ne semble pas près de se résorber. Les projections pour 2025 et 2026 sont pessimistes : environ 4 000 médecins partiront à la retraite chaque année, tandis que moins de 2 000 nouveaux praticiens entreront en fonction. Ce rythme pourrait porter à 8 millions le nombre d’Italiens sans médecin traitant d’ici la fin de 2026. Scotti dénonce un manque de planification et une « programmation mal équilibrée » de la part des autorités. Il exprime une profonde indignation face à l’accusation selon laquelle les médecins généralistes seraient responsables des accès inappropriés aux urgences. « Nous subissons le dommage – la pénurie de médecins augmente notre charge de travail et notre stress – et en plus, on nous reproche d’être à l’origine d’une situation dont nous sommes nous-mêmes victimes, tout comme nos patients », déplore-t-il.

Le dirigeant de la Fimmg rappelle que les véritables responsables de cette situation chaotique aux urgences ne sont pas les médecins généralistes, mais plutôt ceux qui auraient dû assurer la planification et la stabilisation des soins primaires et qui n’ont pas rempli leur mission.

En attendant une amélioration, Silvestro Scotti insiste sur l’importance cruciale pour les patients à risque de se faire vacciner. Il recommande également l’adoption de mesures préventives classiques : une alimentation saine et équilibrée, riche en fruits et légumes, et une vigilance accrue face aux infections. Le médecin rappelle également quelques règles essentielles en cas de grippe. Premièrement, l’usage des antibiotiques est à proscrire absolument. Ces médicaments sont inefficaces contre les virus grippaux, favorisent la résistance bactérienne et peuvent affaiblir le système immunitaire, aggravant ainsi les symptômes. Deuxièmement, les décongestionnants nasaux sont déconseillés. Ces produits agissent en bloquant temporairement la congestion, mais une fois leur effet dissipé, les symptômes réapparaissent, prolongeant potentiellement un rhume qui devrait durer une semaine jusqu’à 15 ou 20 jours, voire devenir chronique. La solution physiologique, recommandée pour le lavage nasal, constitue une alternative plus saine pour « laver le nez au lieu de l’irriter ».

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