Publié le 24 octobre 2025, 13h15. Le constructeur automobile Volkswagen peut souffler : une fermeture d’usine redoutée la semaine prochaine n’aura finalement pas lieu, grâce à des solutions d’approvisionnement. La crise des puces électroniques avait mis en péril la production, suite à un différend entre les Pays-Bas et la Chine concernant le fabricant Nexperia.
- Volkswagen confirme que la production sera maintenue dans toutes ses usines allemandes, y compris celles des filiales Audi et Porsche, la semaine prochaine.
- Les problèmes d’approvisionnement liés au fabricant de puces néerlandais Nexperia, dont la production est exportée depuis la Chine, avaient créé une menace imminente de fermeture d’usine.
- Le gouvernement néerlandais est intervenu dans la gestion de Nexperia, suscitant une réaction de colère de la part de la Chine, qui a imposé un embargo sur l’exportation des puces.
Cet épisode tendu aurait pu contraindre le géant de l’automobile à stopper sa production dès la semaine prochaine. Le constructeur avait exprimé des inquiétudes quant à un arrêt imminent des chaînes de montage, directement lié à la pénurie de composants électroniques. Cependant, un porte-parole de Volkswagen a rassuré l’agence de presse DPA, confirmant que les difficultés d’approvisionnement de Nexperia n’avaient « pas encore affecté la production des usines automobiles allemandes » et que la production était assurée pour la semaine à venir pour toutes les marques du groupe.
L’origine de la crise remonte à la prise de contrôle de Nexperia, entreprise dont le siège est à Nimègue, par le groupe chinois Wingtech en 2019. Il y a trois semaines, le gouvernement néerlandais a exercé un droit de regard exceptionnel sur la société, lui permettant d’intervenir dans ses décisions. Le ministre sortant des Affaires économiques, Karremans, a justifié cette ingérence par des « mauvaises gestions présumées » de la part du directeur chinois, craignant un dévoiement des installations de production, des ressources financières et de la propriété intellectuelle à l’étranger.
La réponse de Pékin n’a pas tardé et a été véhémente. En représailles, le gouvernement chinois a décrété un embargo sur l’exportation des puces électroniques produites par Nexperia en Chine. Sachant que des milliards de ces composants sont fabriqués chaque année sur le sol chinois, et qu’une part importante est destinée à l’industrie automobile, cette décision a bloqué l’approvisionnement des constructeurs et de leurs fournisseurs en nouvelles puces.
Malgré ce répit, Volkswagen reste prudent quant à l’avenir. Un membre du conseil d’administration du groupe a confié hier au journal économique Handelsblatt que des discussions étaient toujours en cours avec d’autres fournisseurs pour trouver des substituts aux puces de Nexperia. L’entreprise ne peut donc pas exclure de rencontrer des difficultés de production au-delà de la semaine prochaine, soulignant la fragilité de la chaîne d’approvisionnement mondiale pour les composants électroniques.