Publié le 17 février 2026 18h15. Le gouvernement espagnol a demandé l’ouverture d’une enquête pénale contre Meta, TikTok et X, accusées de faciliter la diffusion de pornographie infantile générée par intelligence artificielle. Cette initiative s’inscrit dans une escalade de tensions entre Madrid et les géants de la technologie.
- Le gouvernement espagnol soupçonne Meta, TikTok et X d’une responsabilité pénale dans la prolifération de contenus pédopornographiques créés par IA.
- Cette demande d’enquête fait suite à un rapport technique conjoint des ministères espagnols pointant du doigt l’impunité et la tolérance des plateformes envers les crimes en ligne ciblant les mineurs.
- L’Espagne envisage des sanctions plus sévères contre les entreprises technologiques, allant jusqu’à l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans et la responsabilisation pénale de leurs dirigeants.
Madrid a saisi la justice afin d’établir si les opérateurs de ces plateformes ont une responsabilité légale, compte tenu du contrôle qu’ils exercent sur le contenu diffusé. Cette action intervient dans un contexte de confrontation croissante entre le Premier ministre Pedro Sánchez et les grandes entreprises technologiques, notamment Elon Musk et Pavel Durov. Le gouvernement espagnol a déjà exprimé son mécontentement face au manque de régulation et à la prolifération de contenus illégaux sur ces plateformes.
Selon le gouvernement, le rapport technique qui motive cette demande décrit l’environnement numérique comme un espace « caractérisé par l’impunité et la tolérance des pratiques criminelles qui mettent en danger la vie privée, l’image et la liberté des mineurs ». L’Espagne ne peut pas ordonner directement une enquête pénale en raison de la séparation des pouvoirs. C’est désormais au procureur général, Teresa Peramato, de décider d’ouvrir une enquête, après consultation du conseil des procureurs de la Cour suprême.
Cette initiative espagnole s’inscrit dans un mouvement plus large en Europe visant à renforcer la régulation des plateformes numériques. Il y a deux semaines, les autorités françaises ont perquisitionné le siège parisien de X dans le cadre d’une enquête sur la diffusion de deepfakes à caractère sexuel générés par le chatbot Grok AI de la plateforme. La Commission européenne a également lancé une enquête sur X pour les mêmes raisons et étudie la possibilité d’interdire plus largement les applications d’IA qui déshabillent les personnes en ligne.
Plus tôt ce mois-ci, Pedro Sánchez avait annoncé son intention d’ interdire l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans. Il propose également de rendre pénalement responsables les dirigeants des entreprises technologiques en cas de violations répétées sur leurs plateformes et de criminaliser la manipulation des algorithmes. La ministre espagnole de la Jeunesse, Sira Rego, a même évoqué une interdiction totale de X, tandis que la vice-première ministre Yolanda Díaz a annoncé avoir quitté la plateforme, dénonçant un environnement propice à la « politique de la haine » et appelant à une régulation radicale des géants américains du numérique.
Aitor Hernández-Morales a contribué à ce rapport.