Publié le 7 février 2026 14h02. Une étude révolutionnaire suggère que le moment de l’administration de la chimiothérapie et de l’immunothérapie pourrait avoir un impact significatif sur la survie des patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules, avec des résultats optimaux obtenus lorsque le traitement est administré en matinée.
- Les patients ayant reçu leur perfusion avant 15 heures ont vécu en moyenne 11,3 mois avec une maladie stable, contre 5,7 mois pour ceux traités l’après-midi.
- La survie globale était également considérablement améliorée dans le groupe du matin (28 mois contre 16,8 mois).
- Ces résultats sont liés au rythme circadien et à l’activité des cellules immunitaires.
Des chercheurs internationaux ont mis en évidence un lien surprenant entre l’heure d’administration de la chimiothérapie et de l’immunothérapie et l’efficacité du traitement contre le cancer du poumon non à petites cellules. L’étude, publiée début février dans la revue Nature Medicine, révèle que les patients traités en matinée présentent une meilleure réponse et une survie plus longue.
L’équipe du professeur Yongchang Zhang, de l’hôpital du cancer du Hunan, a suivi 210 patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules avancé. Tous ont reçu la même combinaison de chimiothérapie et d’immunothérapie, mais un groupe a reçu la perfusion avant 15 heures, tandis que l’autre l’a reçue après. Les résultats ont démontré une différence notable : les patients du groupe matinal ont maintenu une stabilité de leur maladie pendant une période significativement plus longue, en moyenne 11,3 mois, comparé aux 5,7 mois du groupe de l’après-midi. La survie globale était également plus élevée, avec 28 mois pour le groupe du matin contre 16,8 mois pour les autres. Enfin, près de 70 % des patients traités le matin ont montré une réponse positive au traitement, contre un peu plus de 56 % pour ceux traités plus tard dans la journée.
L’explication de ces différences réside dans notre horloge biologique. Selon la chronobiologiste Laura Kervezee, du centre médical universitaire de Leiden, presque toutes les cellules du corps, y compris les cellules immunitaires chargées de combattre le cancer, fonctionnent selon un cycle de 24 heures. Elle explique que des processus biologiques essentiels, tels que la production de protéines et l’activité des cellules T, sont plus efficaces à certains moments de la journée.
« L’administration de l’immunothérapie agit comme un signal de départ pour une cascade d’effets. »
Laura Kervezee, chronobiologiste au centre médical universitaire de Leiden
Des analyses sanguines ont confirmé ces observations : le groupe ayant reçu le traitement en matinée présentait des lymphocytes T CD8+ plus actifs et un meilleur équilibre entre l’activation et l’épuisement du système immunitaire.
Bien que ces résultats soient prometteurs, les experts soulignent qu’il est encore trop tôt pour modifier les protocoles de traitement dans tous les hôpitaux. L’étude a été menée sur une population exclusivement chinoise, et des recherches supplémentaires impliquant des populations diverses sont nécessaires pour confirmer ces conclusions. Néanmoins, selon Laura Kervezee, cette étude rend plus difficile d’ignorer l’importance du moment de l’administration. L’avantage de cet ajustement réside dans sa simplicité : il ne nécessite ni coûts supplémentaires, ni de nouveaux médicaments, mais simplement une modification de la planification des traitements.
| Maladie stable | Avant 15h | Après 15h00 |
| Durée (en mois) | 11,3 | 5,7 |
| Survie médiane (en mois) | 28 | 16,8 |
| Réponse à la thérapie | ~70% | ~56% |
Source : essai Lungtime-C01, Nature Medicine, février 2026.