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Pourquoi les patients abandonnent l’assurance pour les soins numériques en espèces

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Des millions d’Américains renoncent aux soins de santé en raison des coûts prohibitifs, une situation qui pousse un nombre croissant de patients à contourner le système traditionnel et à se tourner vers des solutions numériques pour accéder aux médicaments et aux consultations médicales. Cette tendance, selon les experts, représente un changement profond dans la manière dont les Américains gèrent leur santé et pose un défi majeur aux acteurs du secteur.

Près de 27 millions d’Américains n’ont aucune assurance maladie, et un quart de ceux qui en ont reportent ou annulent des soins à cause des dépenses. Au 1er janvier, plus de 20 millions de personnes bénéficiant de l’Affordable Care Act (ACA) ont vu leurs primes doubler avec l’expiration des aides financières temporaires mises en place pendant la pandémie. Parallèlement, l’assouplissement des règles de télésanté de Medicare est incertain.

Ces difficultés financières se traduisent concrètement dans le quotidien de nombreux Américains. « On voit des femmes qui rationnent leurs médicaments pour la thyroïde jusqu’à atteindre leur franchise, des fils qui doivent conduire leurs pères à des rendez-vous qui pourraient être gérés à distance, ou des familles qui doivent choisir entre des examens médicaux annuels et l’alimentation », explique Vanessa Slowey, PDG de TelyRx, une plateforme numérique de santé.

Face à ces obstacles, les patients ne comptent plus sur une amélioration du système existant. Ils se tournent vers des alternatives, comme le paiement comptant pour les médicaments génériques, souvent moins cher qu’avec une assurance, ou les consultations en ligne avec des médecins agréés, proposées en dehors des heures d’ouverture traditionnelles.

Selon Vanessa Slowey, il ne s’agit pas d’une solution temporaire, mais d’un véritable changement de comportement. « Les plateformes numériques de santé offrent ce que le système traditionnel ne peut souvent pas : un accès facile, une rapidité d’accès et une transparence des prix », affirme-t-elle. La question n’est donc pas de savoir si cette tendance va se poursuivre, mais si le secteur de la santé saura s’adapter.

Certains acteurs du secteur considèrent ces plateformes d’accès direct aux patients comme un dernier recours pour ceux qui « tombent entre les mailles du filet ». Cependant, cette vision est jugée trop restrictive par Vanessa Slowey. « Lorsque 27 millions d’Américains sont non assurés et que près d’un quart de ceux qui le sont ne peuvent pas se permettre de recourir à leur assurance, nous ne parlons pas de quelques cas isolés, mais d’un véritable gouffre qui nécessite une infrastructure dédiée », souligne-t-elle.

L’entrepreneure s’inspire de son expérience familiale. Elle évoque la pharmacie de ses parents dans une petite ville d’Irlande, où les clients pouvaient obtenir des conseils et les médicaments dont ils avaient besoin, dans un cadre personnel et accessible. « C’est à cette norme que la santé numérique devrait aspirer : un accès direct à des médecins agréés, une tarification transparente et des médicaments approuvés par la Food and Drug Administration (FDA), sans les contraintes administratives habituelles », explique-t-elle.

La télésanté ne doit pas être perçue comme un substitut aux soins complets, mais comme un complément. Les patients nécessitant des diagnostics complexes, des examens d’imagerie ou des traitements spécifiques auront toujours besoin de consultations en personne. Cependant, pour les millions de personnes ayant besoin de renouveler des ordonnances pour des maladies chroniques, de traiter des infections aiguës ou d’obtenir des médicaments courants, les plateformes numériques représentent une option viable.

Vanessa Slowey insiste également sur l’impact de cette crise sur les aidants familiaux, notamment la génération « sandwich » qui doit jongler entre leur travail, leurs enfants et les besoins de leurs parents âgés. Chaque rendez-vous médical en personne qui aurait pu être géré à distance représente une journée de congé supplémentaire et un stress accru. « Les acteurs de la santé numérique doivent prendre en compte cet effet multiplicateur et s’assurer de créer des outils qui soutiennent les aidants, plutôt que d’alourdir leur charge », prévient-elle.

Pour Vanessa Slowey, le secteur de la santé se trouve à un tournant. Elle estime que les entreprises qui réussiront sont celles qui s’adapteront aux nouvelles habitudes des consommateurs, plutôt que de tenter de les contraindre à suivre des modèles dépassés. « Des millions d’Américains ont déjà intégré les plateformes numériques dans leur parcours de soins. Ils ne renoncent pas aux soins traditionnels, mais les complètent avec des outils qui répondent à leurs besoins », conclut-elle.

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