Publié le 8 février 2026 10h15. Avec l’arrivée du froid, les infections respiratoires se multiplient, donnant l’impression d’une succession ininterrompue de rhumes. Les médecins expliquent pourquoi il est si difficile de s’en débarrasser complètement et donnent des conseils pour renforcer ses défenses naturelles.
- Le taux d’infections respiratoires aiguës (IRA) a récemment atteint 643 cas pour 100 000 habitants en Espagne.
- L’air froid et sec affaiblit les défenses immunitaires de l’organisme, notamment au niveau des muqueuses nasales.
- Le repos, une bonne hydratation et une ventilation adéquate des espaces clos sont essentiels pour prévenir les réinfections.
La plainte est fréquente en cette période hivernale : « Je n’ai pas fini mon rhume que j’en attrape un autre ». Cette sensation de passer d’une infection respiratoire à l’autre sans véritable guérison n’est pas qu’une impression. Elle reflète une réalité clinique liée à des facteurs comportementaux, environnementaux, biologiques et sociaux, selon les experts.
Les dernières données du Système de Surveillance des Infections Respiratoires Aiguës (SiVIRA) de l’Institut de Santé Carlos III révèlent une forte circulation virale. Le taux d’infections respiratoires aiguës (IRA) en soins primaires a atteint récemment 643 cas pour 100 000 habitants. Grippe, rhinovirus et virus respiratoire syncytial (VRS) sont particulièrement présents, créant un contexte propice aux réinfections successives.
Pour la docteure Victoria Sánchez Simonet, chef de l’unité de médecine interne de l’Hôpital Vithas de Málaga, ce phénomène d’« enchaînement » des rhumes est directement lié à l’impact du froid sur nos défenses naturelles. « L’air froid et sec de l’hiver aide non seulement les virus à survivre plus longtemps dans l’environnement, mais il affecte également directement notre première ligne de défense : la muqueuse nasale. Lorsque la température dans les voies nasales diminue, une vasoconstriction se produit, ce qui réduit le flux sanguin et, par conséquent, l’arrivée des cellules immunitaires chargées d’arrêter l’entrée des agents pathogènes », explique-t-elle.

Dr Sánchez Simonet, interniste Vithas Málaga
Rhume persistant ou nouvelle infection ?
Il est courant de penser qu’un rhume qui dure plus de deux semaines est simplement le même processus qui ne parvient pas à se résorber. Pourtant, la docteure Sánchez Simonet précise : « Dans la plupart des cas, il s’agit d’infections consécutives. Un système immunitaire qui vient de combattre un virus peut être temporairement affaibli ou « distrait », ce qui permet à un deuxième ou un troisième virus de profiter plus facilement de cette fenêtre de vulnérabilité. En hiver, le fait de passer plus de temps dans des espaces clos et mal ventilés favorise une exposition constante à différentes souches virales. »
« Ce n’est pas que le froid soit plus fort, c’est que notre corps a moins de temps pour récupérer entre une attaque et une autre. »
María Victoria Sánchez Simonet, chef de l’unité de médecine interne
D’autres facteurs contribuent également à cette situation. Le manque d’exposition au soleil, qui réduit les niveaux de vitamine D (essentielle au système immunitaire), et la sécheresse de l’air causée par le chauffage rendent les muqueuses plus perméables aux virus. « Ce n’est pas que le froid soit plus fort, c’est que notre corps a moins de temps pour récupérer entre une attaque et une autre », insiste la docteure Sánchez Simonet.
Recommandations pour rompre le cycle
Pour éviter cette succession d’infections virales, l’experte souligne l’importance de ne pas négliger le repos. « Le corps a besoin d’énergie pour reconstruire ses défenses. Si nous forçons le retour à une activité normale sans avoir rétabli l’intégrité de nos muqueuses, nous laissons la porte ouverte au prochain virus. »
Parmi les mesures clés pour renforcer la réponse immunitaire et prévenir les rechutes, la docteure Sánchez Simonet recommande notamment de maintenir une hydratation adéquate, indispensable au mucus pour remplir sa fonction de barrière et éliminer les agents pathogènes. Elle insiste également sur la nécessité de ventiler régulièrement les espaces clos, même par temps froid, afin de réduire la charge virale. Une bonne hygiène des mains et une alimentation équilibrée restent également des mesures efficaces pour prévenir la contagion par contact avec des surfaces contaminées.
Enfin, la docteure Sánchez Simonet rappelle qu’il est indispensable de consulter un médecin si les symptômes s’aggravent, si des difficultés respiratoires apparaissent ou si la fièvre persiste plus de trois ou quatre jours, afin d’exclure des complications bactériennes telles qu’une sinusite ou une pneumonie qui nécessiteraient un traitement spécifique.