La galerie RGR, située à Mexico, s’impose comme un acteur clé de la scène artistique contemporaine en tissant des liens entre les figures majeures de l’art latino-américain et les créations les plus novatrices d’aujourd’hui.
Fondée en 2018 par Ricardo González Ramos, la galerie se distingue par son approche singulière, qui privilégie le dialogue intergénérationnel et la profondeur intellectuelle. González Ramos, dont le parcours est marqué par une éducation multiculturelle entre le Venezuela et le Mexique, a fait de RGR un espace dédié à la visibilité et à la préservation de l’héritage artistique latino-américain, tout en favorisant les échanges internationaux.
« RGR n’a pas été conçu comme le déplacement d’un récit national dans un autre contexte, mais comme une plateforme capable d’étendre les conversations au-delà des frontières », explique González Ramos. Il souligne l’importance de la rigueur artistique et du rôle structurel que les artistes peuvent jouer dans l’histoire, tout en reconnaissant la fragilité des infrastructures culturelles et la nécessité de construire un héritage durable.
Depuis son ouverture dans le quartier de San Miguel Chapultepec, la galerie a rapidement gagné en notoriété, notamment grâce à sa participation à ZONAMACO en 2024. González Ramos observe une évolution significative de la scène artistique mexicaine, qui est passée d’un rôle de capitale régionale à un centre de création et de dialogue international.
Le programme de RGR se caractérise par une programmation de qualité muséale, qui met à l’honneur aussi bien les maîtres historiques que les artistes contemporains. Récemment, la galerie a présenté une importante exposition consacrée au surréaliste chilien Roberto Matta et une œuvre rare de Jesús-Rafael Soto, aux côtés de créations de Jeppe Heine, Felipe Pantone et Elias Crespin.
« Dès le début, je me suis engagé à présenter les maîtres historiques avec l’ampleur et le sérieux qu’ils exigent », affirme González Ramos. Il insiste sur la nécessité d’un engagement soutenu et d’une approche intellectuelle rigoureuse pour rendre justice à ces figures emblématiques.
L’approche de RGR ne se limite pas aux jeunes talents émergents ou au marché primaire. La galerie privilégie un dialogue continu entre les générations et une cohérence structurelle, en présentant les maîtres historiques comme l’épine dorsale de sa programmation. « La présence des maîtres historiques n’est pas distincte de la programmation contemporaine. Elle en constitue l’épine dorsale », précise-t-il.
Pour l’avenir, González Ramos ambitionne d’élargir ces dialogues, notamment en Asie, avec l’exposition en Amérique du Sud de l’artiste chinois Ding Yi, que la galerie représente désormais. Il considère cette expansion non pas comme un changement de marché, mais comme une évolution naturelle de l’abstraction en tant que langage universel.
« Tout comme nous évoluons à travers l’expérience, la galerie évolue à travers les artistes et les héritages avec lesquels nous travaillons », conclut González Ramos, soulignant l’importance de la curiosité, de la patience et de l’engagement intellectuel dans le monde de l’art.