Publié le 27 octobre 2025. Les avocats de Marius Høiby ont déposé une demande d’injonction temporaire auprès du tribunal de district d’Oslo pour faire retirer du marché le livre « Rayures blanches, mouton noir ». L’éditeur, Aschehoug, rejette ces accusations et maintient que le livre, basé sur des méthodes journalistiques légitimes, ne doit pas être censuré.
- Les avocats de Marius Høiby invoquent trois raisons principales pour le retrait du livre : la couverture, des allégations de vente de cocaïne et des faits concernant un prétendu vol d’argenterie.
- L’éditeur Aschehoug réfute ces arguments, estimant que le livre relève de la liberté d’expression et qu’il ne contient aucune diffamation.
- Une audience est prévue la semaine prochaine pour examiner la demande d’injonction.
La controverse entourant le livre « Rayures blanches, mouton noir », paru la semaine dernière, s’intensifie. Les représentants de Marius Høiby, soutenus par la Maison Royale, ont vivement critiqué certains passages et ont, vendredi dernier, saisi le tribunal du district d’Oslo, arguant de « l’obstination de l’éditeur à ne pas corriger d’erreurs factuelles ».
Live Fedog Thorsen, directrice de publication chez Aschehoug, a exprimé sa disponibilité pour un dialogue, tout en affirmant que le livre suscite un intérêt public considérable et s’appuie sur des pratiques journalistiques solides. « Tenter de bâillonner une telle publication est profondément problématique », a-t-elle déclaré à VG, ajoutant qu’une audience est programmée pour la semaine prochaine.
Les trois motifs invoqués
Selon la réponse d’Aschehoug au tribunal, la demande de retrait du marché repose sur trois points principaux :
- La couverture du livre.
- L’allégation de vente de cocaïne sur Karl Johan (une avenue principale d’Oslo).
- Les références à une cave à vin et au vol d’argenterie à Skaugum (une propriété royale).
Les avocats de Marius Høiby soulignent que leur client a été mentionné dans plus de 30 000 articles de presse à travers une centaine de pays depuis l’automne 2024. Ils estiment qu’il existe un risque réel que cette couverture médiatique médiatique ne porte atteinte au droit de Høiby au développement personnel, à son identité et à sa vie privée, arguant que la protection de la liberté d’expression doit être appréciée dans ce contexte.
La couverture du livre en question
La couverture du livre, qui combine plusieurs images, inclut une photo retouchée de Marius Høiby sur laquelle des éléments évoquant des lignes de cocaïne ont été ajoutés. Les défenseurs de Høiby considèrent cette image comme diffamatoire et motivée par des objectifs purement commerciaux plutôt que par une intention journalistique protégée par la liberté d’expression.
Aschehoug, de son côté, défend la couverture, la présentant comme une illustration littéraire renforçant le thème du livre, titré « Un livre de reportage sur la cocaïne, les gangs de drogue et le fils de la princesse héritière ». L’éditeur soutient que la thématique de l’implication de Høiby dans des affaires de stupéfiants est centrale et que la couverture reflète fidèlement ce sujet sans être diffamatoire, s’inscrivant ainsi dans le cadre de l’article 100 de la Constitution norvégienne et de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH).
Ventes de cocaïne sur Karl Johan : un démenti ferme
Concernant l’allégation de vente de cocaïne sur Karl Johan, Marius Høiby a fermement nié ces faits dans sa requête. Son avocate, Ellen Holager Andenæs, a déclaré à VG que cette accusation était « totalement fausse » et « sans aucun fondement dans la réalité ».
La police d’Oslo a précisé que, bien que Marius Høiby ait été observé en état d’ébriété, il n’y a aucune preuve qu’il vendait de la drogue. Aschehoug indique que les auteurs ont corroboré ces informations auprès de sources indépendantes et crédibles, tout en soulignant que Høiby a eu l’opportunité de répondre à ces allégations. L’éditeur met également en avant l’importance sociétale de cette question, qui concerne le rôle de la police.
Avant même d’être informés de la demande des avocats, Aschehoug avait déjà inclus les objections de Høiby, du Palais Royal et de la police concernant ces allégations dans une édition ultérieure du livre.
Le mystère de la cave à vin et de l’argenterie
Le troisième point soulevé par la défense concerne des allégations relatives à une cave à vin et au vol d’argenterie à Skaugum. Les avocats de Høiby qualifient ces affirmations de « diffamation illégale », niant qu’une argenterie de valeur ait été volée et que des biens volés aient été mis en vente.
Aschehoug réplique que les auteurs se sont appuyés sur des informations publiées dans des médias comme Se og Hør et Dagbladet pour le vol d’argenterie, et sur leurs propres sources pour les informations relatives à la cave à vin. L’éditeur affirme que les auteurs ont confiance en leurs sources, y compris anonymes, pour des raisons de sécurité.
Le Palais Royal avait précédemment réagi à ces allégations, indiquant ne pas avoir pu confirmer qu’un objet de grande valeur ait été volé à Skaugum. Aschehoug rappelle que Marius Høiby était informé du contenu du livre depuis 2024 et qu’il s’est vu offrir la possibilité de consulter les passages le concernant et de fournir des contre-arguments, ce qu’il n’a pas fait.
En conclusion, l’éditeur conteste l’existence de déclarations diffamatoires ou attentatoires à la vie privée, estimant que toutes les accusations formulées s’inscrivent dans le cadre de la liberté d’expression. Selon Aschehoug, le retrait du livre constituerait une atteinte grave à cette liberté, sans pour autant réduire significativement la publicité jugée préjudiciable.