Home Accueil Questions et réponses : L’ONU peut-elle « vaincre la chaleur » avec un plan visant à brûler les villes ?

Questions et réponses : L’ONU peut-elle « vaincre la chaleur » avec un plan visant à brûler les villes ?

0 comments 29 views

Publié le 06/11/2025 16:17:00. À l’approche de la COP30, une responsable de l’ONU tire la sonnette d’alarme : les villes deviennent des fournaises dangereuses. Il est urgent de repenser leur conception pour les rafraîchir et sauver des vies.

  • Les vagues de chaleur transforment les villes en « enfers mortels », menaçant la vie et les moyens de subsistance.
  • D’ici 2050, 1,6 milliard d’urbains pourraient être exposés à des chaleurs extrêmes.
  • Une campagne mondiale, « Beat the Heat », sera lancée à la COP30 pour aider les villes à s’adapter.

« L’été a radicalement changé cette décennie », constate Eleni Myrivili, responsable de la chaleur à l’ONU et originaire d’Athènes. Sa ville natale, comme bien d’autres métropoles mondiales, suffoque sous des températures dépassant régulièrement les 40°C lors des vagues de chaleur intenses qui frappent désormais chaque année. La nuit, la chaleur persiste, empêchant tout répit et rendant la vie particulièrement difficile, voire mortelle, pour les populations vulnérables, notamment les personnes âgées qui n’ont pas les moyens de climatiser leurs logements. La chaleur est également un catalyseur de catastrophes naturelles, provoquant sécheresses, crues soudaines et incendies de forêt dévastateurs, comme en témoignent les ciels brunis par la fumée. L’été 2021 a ainsi offert une vision « post-apocalyptique » aux habitants d’Athènes.

Les villes, avec leurs matériaux absorbant la chaleur comme le béton et l’asphalte, leur manque de végétation et la chaleur générée par les voitures et la climatisation, se réchauffent deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Cet « effet d’îlot de chaleur urbain » peut déjà entraîner des différences de température de 5 à 10°C par rapport aux zones environnantes. Les villes situées près de l’équateur sont particulièrement vulnérables, leur climat déjà chaud rendant toute augmentation de température particulièrement critique. De plus, l’humidité combinée à la chaleur crée une situation extrêmement dangereuse. La croissance rapide de métropoles comme Lagos et Jakarta aggrave encore cette problématique. L’usage massif de la climatisation, bien que soulageant dans l’immédiat, entretient un cercle vicieux en réchauffant l’environnement local et la planète.

Face à ce constat alarmant, la nécessité d’une transformation radicale de l’urbanisme s’impose. La campagne « Beat the Heat », qui sera lancée officiellement à la COP30 au Brésil le 11 novembre, vise à réunir gouvernements, maires, urbanistes et acteurs technologiques pour trouver des solutions. Les villes de Medellín en Colombie, Singapour, Paris et Freetown montrent déjà la voie en intégrant la nature en ville. L’ajout de végétation, sous forme de « corridors verts » ou de « pôles verts », peut permettre d’abaisser les températures de 2 à 6°C. Il est également crucial de repenser l’espace public, souvent aujourd’hui dédié à la voiture, pour y privilégier les zones vertes et ombragées. L’intégration d’éléments aquatiques et l’amélioration de la circulation de l’air sont d’autres pistes. Les technologies innovantes, comme le verre intelligent ou les peintures réfléchissantes pour les toits, offrent également des solutions pour bloquer la chaleur et réfléchir jusqu’à 90% de la lumière solaire.

Si les mentalités évoluent, la chaleur extrême, bien qu’étant désormais le risque climatique le plus meurtrier, ne figure toujours pas en tête des priorités politiques. La campagne « Beat the Heat », soutenue par plus de 100 villes et de nombreux pays et organisations partenaires, entend combler ce manque. Grâce aux outils de cartographie thermique et de modélisation, fournis notamment par Google, il est désormais possible d’identifier précisément les îlots de chaleur et les populations les plus exposées. Les données satellitaires et l’intelligence artificielle permettent de calculer la température de surface avec une granularité remarquable, offrant ainsi des informations précieuses pour déterminer où planter des arbres, installer des toits végétalisés, augmenter l’ombrage et améliorer la circulation de l’air. L’objectif ultime est de rendre les villes plus respirables et de sauver des vies, car, comme le souligne Eleni Myrivili, les villes sont en première ligne de la lutte contre le changement climatique.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.