Publié le 19 octobre 2025, 18h57. Une consommation excessive de sel, souvent insidieuse, peut avoir des conséquences graves sur la santé. Le Dr Matthias Riedl, médecin nutritionniste, alerte sur les dangers méconnus du sel et identifie les populations les plus à risque.
- Le sel, bien qu’essentiel, est consommé en quantités disproportionnées dans les sociétés modernes, principalement via les aliments ultra-transformés.
- Une consommation élevée de sel est liée à l’hypertension artérielle, à des problèmes rénaux, à l’ostéoporose et peut aggraver le stress.
- Les personnes souffrant d’hypertension, d’insuffisance rénale ou d’ostéoporose doivent faire preuve d’une vigilance particulière quant à leur apport en sel.
Le sel, épice millénaire et exhausteur de goût universel, est loin d’être anodin pour la santé. « La plupart des gens savent que le sel est malsain, mais ignorent combien ils en consomment réellement – ou où il se cache », explique le Dr Matthias Riedl lors d’une interview accordée à IPPEN.MEDIA. Le spécialiste souligne que 75 % de la population a du mal à évaluer la quantité de sel qu’elle ingère. Or, cette consommation excessive, souvent masquée, est une source majeure de problèmes de santé.
Le véritable ennemi réside dans les aliments préparés. Selon le Dr Riedl, environ 70 % du sel que nous consommons provient d’aliments hautement transformés tels que le pain, les charcuteries ou les plats préparés. L’ajout de sel à table, bien que perçu comme un problème, ne représente qu’une part mineure de l’apport total. Même des aliments apparemment anodins comme le pain et le fromage peuvent rapidement mener à dépasser les recommandations, rendant le simple plaisir d’un paquet de chips excessif.
Les risques liés à une consommation excessive de sel sont multiples et souvent sous-estimés. « Quand on dit aux patients que le sel augmente la pression artérielle, ils sont toujours étonnés », constate le Dr Riedl. L’hypertension artérielle, conséquence directe d’un apport trop élevé en sodium, fragilise les reins, le cœur et les vaisseaux cérébraux, favorisant ainsi le vieillissement prématuré, voire la démence. Le sel a également un impact négatif sur la flore intestinale et perturbe la régulation du stress de l’organisme en augmentant le taux de cortisol, l’hormone du stress, nous rendant ainsi plus vulnérables.
Certaines populations sont particulièrement vulnérables. Le Dr Riedl insiste sur le fait que « les personnes souffrant d’hypertension artérielle, d’insuffisance rénale ou d’ostéoporose doivent faire particulièrement attention à leur consommation de sel ». Pour ces individus, réduire son apport salin n’est pas une simple recommandation, mais une nécessité cruciale pour préserver leur santé. La vigilance s’étend aussi aux sorties au restaurant, où le sel est souvent utilisé pour rehausser le goût des plats. « Ceux qui se tournent alors automatiquement vers la salière vivent plus dangereusement », met en garde le médecin.
« La plupart des gens savent que le sel est malsain, mais ignorent combien ils en consomment réellement – ou où il se cache. »
Dr Matthias Riedl, médecin nutritionniste
Pour aider à prendre conscience de sa consommation et à la réduire durablement, une liste de contrôle PDF intitulée « Réduire le sel » est disponible en téléchargement gratuit. Cet outil vise à accompagner chacun dans une démarche plus saine, en soulignant que « moins de sel signifie souvent plus de santé », même pour les personnes en bonne santé.
L’expert : Le Dr Matthias Riedl est interniste, nutritionniste et diabétologue. Fondateur et dirigeant de Medicum Hamburg, le plus grand centre européen de diabétologie et de médecine nutritionnelle, il est une référence dans son domaine.