Publié le 09/10/2025 11:37:00. À l’approche du V Congrès de Coopération Internationale de la Fondation pour la Coopération Internationale de l’Organisation Médicale Collégiale (FCOMCI) qui se tiendra à Saint-Sébastien les 6 et 7 novembre, Quique Bassat, directeur de l’Institut de Santé Globale de Barcelone (ISGlobal), a partagé ses réflexions sur la santé infantile dans le monde.
- La santé infantile, malgré son importance capitale dans les pays en développement, reste sous-financée sur la scène mondiale, à l’exception notable des programmes de vaccination.
- Les progrès récents dans la réduction de la mortalité infantile sont largement dus à l’introduction de nouveaux vaccins, tels que ceux contre le pneumocoque et la méningite.
- Le changement climatique constitue une menace accrue pour les enfants, particulièrement dans les pays à faibles ressources, qui subissent un double fardeau.
Interrogé par *Médecins et Patients*, Quique Bassat a souligné que si des avancées significatives ont été réalisées, notamment une réduction de plus de 60% de la mortalité infantile depuis les années 1990 (passant de 12 millions à moins de 5 millions de décès par an), l’optimisme doit être tempéré par la nécessité de ne pas relâcher les efforts. Des maladies comme le paludisme refont surface avec une certaine virulence, rappelant que la complaisance n’est pas de mise. L’accès aux outils de santé essentiels doit impérativement être garanti aux populations les plus vulnérables.
Selon le directeur d’ISGlobal, les nouvelles technologies ont un potentiel immense pour améliorer la santé des enfants dans les pays à faibles ressources, notamment par l’optimisation du triage des malades et le diagnostic de pathologies comme la pneumonie ou la méningite infantile. Cependant, la mise en œuvre de programmes pédiatriques mondiaux se heurte à un défi majeur : le financement. Ces programmes, souvent soutenus par une aide internationale et des partenariats public-privé, dépendent de la continuité des contributions financières des pays donateurs et des institutions philanthropiques.
Le changement climatique exacerbe la vulnérabilité des enfants, particulièrement dans les régions pauvres. Ils sont la cible d’un double impact, en raison de leur jeune âge et de leur appartenance à des pays souvent moins résilients. Les conséquences se font déjà sentir et s’accumuleront dans les années futures.
« Le plus grand défi est que ces fonds, ces mécanismes public-privé déjà mis en place il y a quelques années et qui fonctionnent très bien, ne restent pas orphelins des fonds qu’ils devraient recevoir des pays et autres institutions philanthropiques ou privées. »
Quique Bassat, directeur de l’Institut de Santé Globale de Barcelone (ISGlobal)
Le message principal que Quique Bassat souhaite transmettre lors du congrès est l’inacceptabilité de l’injustice fondamentale qui lie l’espérance de vie et l’accès aux soins à la simple naissance dans un pays donné. « Selon l’endroit où vous êtes né dans le monde, vous aurez une chance de survivre et de mener une vie saine. C’est une énorme injustice », a-t-il affirmé, insistant sur le rôle d’ISGlobal dans la sensibilisation à cette inégalité flagrante.