Le Piémont affiche une amélioration notable de son environnement urbain en 2024, selon le dernier rapport de Legambiente. Si la qualité de l’air et la gestion de l’eau et des déchets témoignent de progrès significatifs, des défis majeurs subsistent, notamment en matière de consommation des sols et d’adaptation au changement climatique.
Les villes piémontaises respirent mieux. En 2024, les concentrations de particules fines PM10 et PM2,5 ont atteint leur plus bas niveau moyen de la dernière décennie, une tendance positive confirmée par le rapport 2025 sur l’écosystème urbain de Legambiente. Si Turin a enregistré moins de journées de dépassement des seuils autorisés, l’association écologiste tempère cet optimisme, attribuant ces bons chiffres davantage à des conditions météorologiques clémentes qu’à des actions structurelles profondes. Legambiente appelle ainsi les municipalités piémontaises à intensifier leurs investissements dans les transports durables et à limiter le recours à la voiture individuelle.
Sur le front de la gestion des ressources, le Piémont se distingue une nouvelle fois. La région se positionne parmi les plus vertueuses d’Italie en matière de traitement des eaux usées et de qualité de ses réserves d’eau potable. Parallèlement, le tri sélectif des déchets connaît une progression constante. De nombreuses provinces dépassent désormais les 70 % de collecte, avec des performances particulièrement remarquables dans les zones de Cuneo et de Biella. Le rapport salue également l’impact positif des projets de boisement urbain et l’accroissement des espaces verts publics, notamment dans les agglomérations de Turin et de Novare.
Cependant, le tableau environnemental n’est pas uniformément rose. La consommation excessive des sols demeure une préoccupation majeure. En 2024, le Piémont a vu plus de 300 hectares de terres naturelles disparaître, affectant particulièrement les zones industrielles et périurbaines de la métropole turinoise. Le rapport met en lumière la présence de plus de 2 100 sites contaminés recensés dans la région, dont près de 850 sont encore en phase d’assainissement. Face à cette situation jugée « inquiétante », Legambiente demande la mise en place d’un plan ambitieux de récupération et de régénération de ces territoires dégradés.
L’année 2024 a également été marquée par des températures moyennes élevées dans le Piémont, s’inscrivant dans une tendance de réchauffement climatique préoccupante. La multiplication des événements météorologiques extrêmes, tels que les orages violents, les grêles dévastatrices et les périodes de sécheresse prolongées, rend impérative une révision des stratégies d’urbanisme pour une meilleure résilience. Legambiente exhorte les autorités locales à intégrer ces enjeux d’adaptation climatique dans leurs plans d’aménagement du territoire et leurs politiques de mobilité.
En conclusion, le Piémont présente un bilan environnemental contrasté. Si les avancées en matière de qualité de l’air, de gestion de l’eau et des déchets positionnent la région favorablement au niveau national, Legambiente insiste sur la nécessité d’une approche plus globale et visionnaire. « Nous avons besoin d’une vision plus ambitieuse et intégrée, qui allie innovation, mobilité durable et protection du territoire », souligne l’association. Ce n’est qu’en adoptant de telles stratégies que les villes piémontaises pourront prétendre à un modèle de développement conciliant progrès économique et qualité de vie pour leurs habitants.