Publié le 9 février 2024 14:35:00. Un adolescent est décédé l’année dernière à Stockholm après une intoxication au paracétamol, révélant des failles dans la prise en charge des potentiels actes d’automutilation chez les jeunes. L’hôpital universitaire Karolinska a déposé un rapport d’incident signalant ce cas tragique et les mesures prises pour éviter qu’il ne se reproduise.
- Un adolescent a succombé à une intoxication au paracétamol après une première visite aux urgences pour des douleurs abdominales.
- Le personnel médical n’avait pas initialement envisagé la possibilité d’une automutilation, ce qui a retardé le diagnostic.
- L’hôpital renforce la formation de son personnel et introduit un outil de conversation standardisé pour mieux identifier les risques chez les adolescents.
L’hôpital universitaire Karolinska de Stockholm a signalé un incident grave à l’Inspection de la santé et des soins (Ivo) concernant le décès d’un adolescent suite à une intoxication au paracétamol. Le jeune patient avait initialement consulté aux urgences pédiatriques pour des douleurs thoraciques et abdominales, mais l’empoisonnement n’a été détecté que trop tard pour être traité efficacement.
Selon un rapport d’incident (Lex Maria) publié par l’hôpital, l’adolescent a reçu des analgésiques et des médicaments pour réduire l’acidité gastrique – de l’Ondansétron, du Gaviscon et de l’Ipren – lors de sa première visite. Les examens n’avaient révélé aucun problème cardiaque et son état semblait s’améliorer, ce qui a conduit à son renvoi à domicile avec une recommandation de suivi médical.
Cependant, le lendemain, le patient est revenu à l’hôpital dans un état de conscience altéré et souffrant d’une insuffisance hépatique aiguë. Malgré des soins intensifs et un traitement spécifique pour une intoxication médicamenteuse, les médecins n’ont pu le sauver. L’autopsie a confirmé la présence de taux élevés de paracétamol dans son sang.
L’enquête a révélé que l’adolescent avait déjà eu des contacts avec le service de psychiatrie infantile et de la jeunesse (BUP). Cette information n’avait pas été prise en compte lors de la première évaluation médicale, et la possibilité d’une tentative d’automutilation n’avait pas été envisagée. L’hôpital souligne qu’une prise en compte plus rapide de ce facteur aurait pu changer l’issue de l’affaire.
Ce drame survient alors que les cas d’automutilation médicamenteuse chez les jeunes sont en augmentation, comme le souligne un article récent de Läkemedelsvärlden. Le paracétamol est la substance la plus fréquemment impliquée dans ces intoxications. La médecin-chef du Centre d’information antipoison, Johanna Nordmark Grass, précise que les décès restent heureusement rares, grâce à une prise en charge rapide et efficace dans la plupart des cas.
« Les patients se rétablissent généralement grâce au suivi et au traitement à l’hôpital. »
Johanna Nordmark Grass, médecin-chef du Centre d’information antipoison
Pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent, l’hôpital universitaire Karolinska met en place des mesures correctives, notamment une formation renforcée du personnel et l’introduction d’un outil de conversation standardisé pour les adolescents, afin de mieux évaluer les risques et d’identifier les signes d’une éventuelle automutilation.
L’affaire a également été rapportée par TV4.