Publié le 19 février 2026 02:44:00. En Andalousie, une étude pionnière, FRAGROCAP, alerte sur le risque accru de cancer de la peau chez les travailleurs agricoles exposés quotidiennement au soleil, et propose une approche globale pour mieux les protéger.
- Près de 88 % des travailleurs agricoles andalous sont exposés quotidiennement aux rayons solaires.
- Un tiers d’entre eux ont subi au moins un coup de soleil pendant leur journée de travail au cours de l’année écoulée.
- Le manque de mesures de protection solaire est souvent lié à des facteurs culturels et à une perception individuelle du risque plutôt qu’à des contraintes économiques.
L’exposition prolongée aux rayons ultraviolets (RUV) représente un danger professionnel majeur, mais trop souvent négligé, dans le secteur agricole. C’est dans ce contexte que le projet FRAGROCAP (étude sur les facteurs de risque et les mesures de photoprotection chez les travailleurs agricoles andalous) a été présenté lors du Ve Congrès International Prevencionar, qui s’est tenu à Madrid du 24 au 26 septembre 2025.
Cette initiative innovante vise à évaluer de manière exhaustive les risques liés au soleil pour les travailleurs du terrain en Andalousie. L’étude combine trois axes de recherche complémentaires : l’analyse des politiques de photoprotection mises en place par les entreprises, l’évaluation des connaissances et des pratiques des travailleurs en matière de protection solaire, et la mesure objective des niveaux de rayonnement grâce à des outils de dosimétrie environnementale et personnelle.
Pour mener à bien cette étude, l’équipe de recherche a développé des outils spécifiques, notamment l’Enquête sur les politiques de protection solaire au travail (EPPPS-L) et le questionnaire CHACES-L. Elle a également utilisé des spectroradiomètres portables et des dosimètres biologiques Viospor pour quantifier l’exposition aux RUV.
Les premiers résultats, portant sur un échantillon de 80 travailleurs, sont préoccupants. Ils révèlent que 87,88 % sont exposés quotidiennement au rayonnement solaire et qu’un tiers a subi au moins un coup de soleil au cours de l’année écoulée. Cependant, l’adoption des mesures de protection solaire est variable. Si le port de pantalons longs est relativement courant (70 % les utilisent systématiquement), seulement 37,5 % portent des lunettes de soleil et près de 30 % ne portent pas de chemise à manches longues.
De plus, seulement 40 % des travailleurs effectuent régulièrement des auto-examens de leur peau et 65,5 % n’ont jamais bénéficié d’un contrôle médical préventif pour dépister les cancers de la peau. Ces chiffres soulignent un manque de sensibilisation et de prévention.
L’étude FRAGROCAP met en évidence un point crucial : le faible recours aux mesures préventives n’est pas principalement dû à des obstacles financiers, mais plutôt à des barrières culturelles ou à une sous-estimation du risque par les individus. Cela suggère que la solution ne réside pas uniquement dans des réglementations plus strictes, mais également dans des campagnes d’éducation et des actions de sensibilisation ciblées.
FRAGROCAP se distingue comme une initiative pionnière en Espagne, où le cancer de la peau n’est pas encore systématiquement reconnu comme une maladie professionnelle chez les travailleurs exposés au soleil. Comme l’ont souligné les participants au congrès, la transition vers un modèle agricole plus sain et plus respectueux de la santé des travailleurs nécessite une combinaison de données scientifiques solides, d’un engagement fort des institutions et de politiques préventives garantissant une protection solaire effective, considérée comme un droit fondamental pour tous les travailleurs.
