Le gouvernement argentin a fait volte-face sur un point sensible de sa réforme du travail, l’article 44, afin de sécuriser les votes nécessaires à son adoption à la Chambre des députés. Cette disposition, qui prévoyait une réduction des indemnités versées en cas de maladie ou d’accident non professionnel, avait suscité de vives critiques et menaçait l’approbation du projet de loi.
L’article 44, déjà approuvé par le Sénat, modifiait le régime d’indemnisation des maladies ou accidents non liés à l’activité professionnelle. Selon le texte initial, un travailleur ne percevrait plus automatiquement l’intégralité de son salaire en cas d’invalidité, mais seulement 50% ou 75% de sa rémunération, en fonction du degré de responsabilité qui lui serait attribué dans l’incident.
Cette proposition avait rencontré une forte opposition non seulement de la part des partis d’opposition, mais également de certains groupes au sein de la coalition gouvernementale, tels que le PRO, l’UCR et des secteurs du péronisme non kirchnériste. Leurs votes sont cruciaux pour que le parti au pouvoir puisse obtenir une majorité à la Chambre des députés.
Mardi, le parti « La Liberté avance » a annoncé sa décision de supprimer directement l’article 44 du projet de loi. Patricia Bullrich, chef du bloc gouvernemental au Sénat, avait d’ailleurs reconnu qu’il s’agissait d’une « erreur » et que sa modification était à l’étude. L’objectif est désormais de faciliter un accord politique et d’assurer l’adoption de la réforme.
Si l’article 44 est retiré et que le projet de loi est approuvé par les députés, il devra retourner au Sénat pour une nouvelle lecture et approbation des modifications apportées par la Chambre basse. Le gouvernement espère sanctionner la loi durant la période des sessions extraordinaires en cours, qui se terminent la semaine prochaine, avant l’ouverture de la campagne électorale pour les élections ordinaires du 1er mars.
Par ailleurs, la centrale syndicale CGT a annoncé une grève générale pour le jour où l’initiative sera débattue à la Chambre des députés, initialement prévue ce jeudi. Cette annonce avait été faite avant la décision du gouvernement de supprimer l’article sur les licences médicales.