Publié le 17 février 2026 à 11h28. Face à la multiplication des menaces sanitaires, de la résistance aux antimicrobiens aux potentielles pandémies, l’Europe renforce sa capacité de recherche clinique grâce à Ecraid, un réseau paneuropéen ambitieux soutenu par l’Union européenne.
- Ecraid, un réseau de recherche clinique à « base chaude », vise à améliorer la préparation et la réponse de l’Europe aux maladies infectieuses émergentes.
- Un financement de 30 millions d’euros (2021) de l’UE a permis de consolider le réseau et de lancer des études observationnelles et des essais cliniques innovants.
- La collaboration internationale et le partage de données sont essentiels pour une réponse rapide et efficace aux crises sanitaires.
L’Europe se dote d’un outil de pointe pour anticiper et contrer les crises sanitaires. Ecraid (European Clinical Research Alliance on Infectious Diseases), un réseau de recherche clinique à but non lucratif, ambitionne de transformer la manière dont le continent étudie et réagit aux maladies infectieuses, notamment la résistance aux antimicrobiens, un enjeu majeur de santé publique.
À la tête d’Ecraid depuis janvier 2026, le Dr Lennie Derde, médecin urgentiste et chercheuse en maladies infectieuses, apporte avec elle une expérience précieuse acquise lors de la pandémie de COVID-19. Elle a notamment dirigé la branche européenne de l’essai REMAP-CAP, une étude cruciale qui a permis d’identifier rapidement des traitements efficaces pour les patients atteints de la maladie.
« Si les deux dernières décennies nous ont appris quelque chose, c’est que nous devons changer la façon dont la recherche est menée pendant les pandémies », explique le Dr Derde. « De la pandémie de grippe porcine (H1N1) de 2009 à la COVID-19, nous avons vu à quelle vitesse les maladies infectieuses peuvent se propager et à quel point les systèmes de recherche peuvent être mal préparés. »
Ecraid se distingue par son approche de recherche « à base chaude ». Contrairement aux réseaux qui se construisent a posteriori en cas de crise, Ecraid s’appuie sur un réseau d’hôpitaux déjà engagés, formés et équipés pour lancer des recherches immédiatement. Ce réseau est continuellement impliqué dans des études, la collecte de données et la réalisation d’essais, garantissant ainsi une réactivité maximale en cas d’urgence.
Le financement de l’Union européenne a été déterminant dans la création et le développement d’Ecraid. Né de deux initiatives antérieures financées par l’UE – COMBACTE, axée sur la résistance aux antimicrobiens, et PREPARE, dédiée aux maladies infectieuses émergentes – Ecraid a bénéficié d’un investissement de 30 millions d’euros (2021) dans le cadre du programme Horizon 2020, puis ECRAID-Base, lui permettant de construire son infrastructure et de lancer des études à grande échelle.
Ecraid utilise également des essais sur plateforme adaptative, une méthode innovante qui permet de tester plusieurs traitements simultanément au sein d’un même essai. Cette approche, combinée à des études continues, accélère le processus de recherche et permet d’adapter rapidement les stratégies en fonction des nouvelles données. « Nous veillons également à ce que les données puissent circuler facilement entre les différentes parties du système de santé », précise le Dr Derde, soulignant l’importance du partage d’informations pour une réponse coordonnée.
L’expérience du Dr Derde avec l’essai REMAP-CAP pendant la crise du COVID-19 a mis en évidence la puissance de la collaboration internationale. « Le succès de REMAP-CAP a montré à quel point la collaboration internationale peut être puissante », affirme-t-elle. « Pendant la pandémie, les chercheurs du monde entier ont partagé des données, des idées et des charges de travail, permettant ainsi d’obtenir des résultats beaucoup plus rapidement. »
À l’avenir, Ecraid entend jouer un rôle central dans le renforcement de la préparation de l’Europe face aux menaces sanitaires, en s’intégrant à des initiatives majeures telles que le Partenariat européen pour la préparation aux pandémies et BE READY NOW. L’organisation continuera également à lutter contre les défis persistants tels que la résistance aux antimicrobiens et les maladies zoonotiques.
Les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement celles de la Commission européenne.
Cet article a été initialement publié dans Horizon, le magazine européen de la recherche et de l’innovation.