Home Santé Répartition spatiale et résistance aux insecticides des moustiques Aedes dans l’État d’Osun : implications pour la lutte antivectorielle | Médecine tropicale et santé

Répartition spatiale et résistance aux insecticides des moustiques Aedes dans l’État d’Osun : implications pour la lutte antivectorielle | Médecine tropicale et santé

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Publié le 2025-11-03 04:24:00. Une étude menée dans l’État d’Osun, au sud-ouest du Nigeria, a évalué la sensibilité des moustiques Aedes aux insecticides couramment utilisés. Ces travaux visent à mieux cibler la lutte contre les vecteurs de maladies telles que la dengue, le Zika ou le chikungunya.

  • La recherche s’est déroulée à Ife-Odan, dans le gouvernement local d’Ejigbo, une zone reconnue pour être propice à la prolifération des moustiques vecteurs de maladies.
  • Les scientifiques ont mis en place une surveillance larvaire et une identification morphologique des moustiques Aedes, suivie de tests de sensibilité aux insecticides.
  • Les résultats permettront d’orienter les stratégies de lutte anti-vectorielle dans la région.

La zone d’étude, Ife-Odan, est située à environ 47,5 kilomètres de la capitale de l’État, Osogbo. Si l’agriculture et le commerce constituent les principales activités des habitants, l’État d’Osun est également une destination touristique et culturelle majeure. La sélection de cette zone n’est pas anodine : des recherches antérieures ont déjà identifié le gouvernement local d’Ejigbo comme un terrain favorable aux moustiques vecteurs du paludisme. Cette nouvelle étude se concentre toutefois sur les moustiques du genre Aedes, vecteurs de maladies virales.

Avant le déploiement des équipes sur le terrain, une phase de sensibilisation et de mobilisation communautaire a été primordiale. Des rencontres avec les autorités locales et les responsables des centres de santé ont permis de présenter les objectifs de l’étude et d’expliquer son importance pour la santé publique, notamment en matière de lutte contre les moustiques et de prévention des maladies comme le paludisme, la fièvre jaune ou la filariose lymphatique. Cette démarche vise à instaurer la confiance, à encourager la participation de la population et à garantir un soutien local tout au long du projet.

La surveillance larvaire a été menée de janvier à juillet 2025, période correspondant au pic d’activité des larves d’Aedes. Les chercheurs ont méticuleusement inspecté les sites de reproduction potentiels, tels que les conteneurs d’eau stagnante, les objets abandonnés, les pneus usagés, les égouts à ciel ouvert et les réservoirs d’eau non couverts. Ces habitats ont été classés en cinq catégories principales : les gouttières, les piscines, les détritus divers, les vieux pneus et les canaux d’évacuation. Les larves et nymphes collectées à l’aide d’équipements standard ont été transportées au Laboratoire d’épidémiologie moléculaire et de biologie vectorielle (MOVEB) de l’Université d’État d’Osun pour identification.

Dans ce laboratoire, les larves ont été élevées jusqu’au stade adulte. Une identification morphologique précise au niveau du genre et de l’espèce a ensuite été réalisée grâce à des clés taxonomiques reconnues. Les espèces d’Aedes confirmées ont ensuite été sélectionnées pour les essais de sensibilité aux insecticides.

Ces tests ont été menés en suivant les protocoles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des moustiques femelles âgés de 2 à 3 jours, n’ayant pas encore été exposés à un repas de sang, ont été utilisés. Ils ont été exposés à des papiers imprégnés d’insecticides, notamment de la perméthrine (0,75 %), de la deltaméthrine (0,05 %), de l’alpha-cyperméthrine (0,05 %) et du pirimiphos-méthyle (0,25 %). Chaque insecticide a fait l’objet de quatre répétitions sur 25 moustiques chacune, avec deux groupes de contrôle (50 moustiques) exposés à des papiers non traités. L’exposition durait 60 minutes, avec enregistrement des paralysies à intervalles réguliers. La mortalité finale a été évaluée 24 heures après l’exposition. Le calcul du pourcentage de mortalité s’est effectué selon la formule suivante :

$${\text{Pourcentage de mortalité}} = \frac{Nombre\,de\,testés\,femelles\,moustiques\,morts}{{Total\,nombre\,de\,testés\,femelles\,moustiques}} \times {1}00$$

L’interprétation des résultats s’est basée sur les critères de l’OMS : un taux de mortalité de 98 % ou plus indique une population sensible ; entre 90 % et 97 %, une résistance possible ; et en dessous de 90 %, une résistance confirmée.

Les données recueillies ont fait l’objet d’une analyse statistique afin de comparer les taux de mortalité obtenus avec les différents insecticides. Des statistiques descriptives ont permis de résumer les taux de mortalité pour chaque traitement, ainsi que leurs intervalles de confiance à 95 %, calculés par la méthode binomiale exacte. Un test du chi carré a été employé pour évaluer la significativité statistique des différences observées entre les taux de mortalité des différents insecticides et la composition des espèces. Un seuil de signification de p < 0,05 a été retenu. Les analyses ont été réalisées à l'aide du logiciel IBM SPSS Statistics, version 21.

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