Publié le 2025-10-31 13:00:00. De nouvelles recherches menées sur des chimpanzés en Ouganda révèlent une capacité de raisonnement étonnante : ces primates semi-sauvages seraient capables de réévaluer leurs propres croyances face à de nouvelles preuves, une faculté jusqu’alors considérée comme exclusivement humaine.
- Des chimpanzés ougandais ont démontré leur aptitude à réviser leurs décisions en fonction d’informations contradictoires, suggérant une pensée rationnelle.
- Ces expériences, menées dans un sanctuaire, visent à comprendre la profondeur de la cognition chez les grands singes, si proches génétiquement de l’homme.
- La manière dont les animaux évaluent la fiabilité des indices environnementaux a été au cœur des observations des chercheurs.
Des scientifiques de l’Université d’Utrecht, sous la direction de Hanna Schleihauf, ont mis en place des protocoles expérimentaux rigoureux sur des chimpanzés vivant dans le sanctuaire de l’île de Ngamba, en Ouganda. L’objectif était d’observer leur comportement face à des situations où les informations disponibles pouvaient être trompeuses ou évolutives. Les travaux, publiés dans la revue Science, apportent un éclairage nouveau sur l’intelligence des grands singes.
L’étude a consisté à présenter aux chimpanzés deux boîtes, l’une contenant une récompense alimentaire. Des indices étaient disséminés pour orienter leur choix. Par la suite, les chercheurs ont inversé la position des boîtes et ont modifié les indices, fournissant cette fois des indications plus fortes pointant vers la nouvelle position de la nourriture. Cette méthodologie visait à s’assurer que les singes ne se contentaient pas de suivre une simple préférence ou le dernier indice reçu, mais qu’ils étaient capables de pondérer la validité des informations.
Les expériences ont varié dans la nature des preuves offertes aux animaux. Dans certains cas, les chimpanzés pouvaient voir ou entendre la nourriture, constituant ainsi la preuve la plus tangible. Dans d’autres, les indices étaient moins directs, comme la présence de restes de nourriture à proximité d’une boîte, représentant une indication plus faible. Les résultats sont significatifs : dans la majorité des cas, les chimpanzés ont pris des décisions basées sur une évaluation rationnelle des informations disponibles, démontrant une capacité de réajustement de leur comportement face à de nouvelles données. Emily Sanford, biologiste à l’Université de Californie à Berkeley ayant participé à l’étude, a précisé :
« Nous avons enregistré leur premier choix, puis leur deuxième, et comparé s’ils avaient changé d’avis. »
Emily Sanford, biologiste
Ces observations remettent en question les frontières cognitives établies entre les humains et d’autres espèces intelligentes, ouvrant la voie à une meilleure compréhension des mécanismes de la pensée rationnelle et de son évolution.