Publié le 2025-10-29 17:59:00. Des évaluations de développement standardisées chez les nourrissons en Israël ont montré une fiabilité remarquable pour identifier ceux qui présentent des retards persistants plutôt que des difficultés passagères, ouvrant la voie à une intervention précoce plus ciblée.
- Les bilans de santé de routine, effectués entre 9 et 12 mois, ont permis de dépister les nourrissons susceptibles de présenter des retards de développement durables jusqu’à l’âge de 2 ans.
- Un nourrisson sur quatre présentant des difficultés lors de la première évaluation a continué à en éprouver à l’âge de 2 ans, signe de retards persistants.
- L’étude démontre la valeur d’une approche structurée pour anticiper les troubles neurodéveloppementaux nécessitant une prise en charge rapide.
Une étude de cohorte rétrospective menée en Israël, portant sur près de 530 000 nourrissons nés entre 2014 et 2022, confirme l’efficacité des bilans de développement courants pour distinguer les retards de croissance qui s’estompent de ceux qui perdurent. Ces évaluations, réalisées entre 9 et 12 mois, ont permis d’identifier 7 % des nourrissons n’atteignant pas au moins une étape clé. Parmi ceux réévalués entre 12 et 24 mois, un quart a montré une persistance de ces difficultés, suggérant des retards de développement susceptibles d’indiquer des conditions neurodéveloppementales nécessitant une intervention précoce. Ces retards persistants se distinguent des retards transitoires, souvent liés à des facteurs environnementaux ou à des variations normales de maturation.
L’étude a défini le retard persistant soit comme spécifique (dans un même domaine de développement), soit comme général (dans n’importe quel domaine). Les nourrissons présentant des échecs dans plusieurs domaines étaient plus susceptibles de connaître des retards continus. Les taux de retard spécifique persistant variaient de 2 % pour la motricité fine à 22 % pour la motricité globale. Le retard général persistant oscillait entre 23 % et environ 31 %. La simple analyse du nombre de domaines affectés s’est révélée un indicateur pertinent de la persistance des retards. Des analyses de sensibilité, prolongées jusqu’à 36 mois, ont confirmé la robustesse de ces conclusions.
Des modèles d’apprentissage automatique, exploitant les données relatives aux étapes de développement et aux informations périnatales, ont prédit la persistance des retards avec une précision modérée (entre 0,71 et 0,77 pour l’aire sous la courbe ROC). Les chercheurs ont utilisé les données des centres de santé maternelle et infantile israéliens (Tipat Halav), qui suivent 59 étapes de développement réparties en quatre catégories : langage-social, motricité fine, motricité globale et étapes générales. Les nourrissons nés à terme ou après 37 semaines de gestation et ayant passé les deux évaluations ont été inclus.
L’auteur principal, Yonatan Bilu, PhD, de l’Institut de recherche KI en Israël, a souligné l’importance de ces travaux :
« À notre connaissance, notre analyse offre la première preuve quantitative qu’une règle intuitive déjà utilisée de manière informelle par de nombreux cliniciens à travers un large éventail d’outils de surveillance basés sur des jalons fonctionne effectivement de manière fiable, fournissant ainsi une base de preuves à la pratique quotidienne. »
Yonatan Bilu, PhD, Institut de recherche KI
Cependant, les chercheurs mettent en garde : un échec à une étape ne constitue pas un diagnostic formel de retard de développement. De plus, les conclusions pourraient ne pas être entièrement généralisables au-delà du système de santé israélien, notamment en raison d’un manque d’informations détaillées sur le contexte socio-économique, les comorbidités et les interventions antérieures, des facteurs qui peuvent influencer le développement de l’enfant.
En conclusion, le système de surveillance du développement israélien Tipat Halav pourrait servir de pont efficace entre le suivi de routine et l’intervention précoce. Les auteurs suggèrent que l’intégration d’évaluations structurées des étapes clés avec des modèles prédictifs permettrait aux systèmes de santé d’améliorer l’identification précoce des retards persistants, d’optimiser les ressources pédiatriques et de réadaptation, et de renforcer l’équité dans le suivi du développement infantile. La surveillance du développement peut être mise en œuvre dans divers cadres, tels que les garderies, à domicile par les parents, ou par des professionnels paramédicaux.
Des informations plus complètes sont disponibles dans l’étude publiée.