Publié le 03/10/2023 14:29:02. Jakarta critique vivement la décision de l’Union européenne de faire appel d’une décision de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) favorable aux exportations indonésiennes de biodiesel, y voyant une contradiction avec le renforcement récent des liens bilatéraux.
Le ministre du Commerce indonésien, Budi Santoso, a exprimé son mécontentement, considérant que l’appel européen visait à gagner du temps, tout en reconnaissant le droit de l’UE de recourir à cette procédure.
« Le processus décisionnel au sein du panel de règlement des différends de l’OMC a été mené conformément aux procédures, sous la direction de panélistes expérimentés et crédibles. Cet appel va à l’encontre de l’esprit de renforcement des liens économiques [bilatéraux] », a déclaré Budi Santoso dans un communiqué de presse publié jeudi.
Cette prise de position intervient peu après la signature, le mois dernier, de l’Accord de partenariat économique Indonésie-Union européenne (IEU-PEPA), qui prévoit à terme l’abolition de plus de 98 % des tarifs douaniers entre les deux blocs. Bien que cet accord vise à supprimer la quasi-totalité des tarifs généraux, il laisse en place les droits compensateurs, un instrument tarifaire distinct, jusqu’à leur éventuelle suppression par l’autorité compétente.
Depuis 2019, l’UE applique des droits compensateurs allant de 8 % à 18 % sur le biodiesel importé d’Indonésie. Cette mesure vise à protéger les producteurs européens, qui utilisent majoritairement du colza pour leur production, une matière première plus coûteuse que l’huile de palme exploitée en Indonésie.
Ces tarifs ont été imposés suite à une enquête de la Commission européenne concluant que les producteurs indonésiens bénéficiaient de subventions, d’avantages fiscaux et d’un accès à des matières premières à des prix inférieurs à ceux du marché.