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Sacré Bleu ! La culture du bien-être est arrivée à Paris

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Un refus inattendu de beurre, une quête de saveurs plus pures et une croissance fulgurante du marché du bien-être : Paris semble embrasser une nouvelle philosophie de vie, discrète mais déterminée, qui bouscule les codes d’une tradition gastronomique longtemps immuable.

La scène, observée un soir de janvier au Relais Plaza, une brasserie réputée du 8e arrondissement, en dit long. Un client français a renvoyé sa portion de beurre, préférant une simple huile d’olive. Un geste qui, aux yeux de l’observateur, témoigne d’un changement profond dans les habitudes et les préoccupations des Parisiens.

Ce rejet du beurre, pilier de la gastronomie française aux côtés du fromage et de la crème fraîche, s’inscrit dans un mouvement plus large. Matthieu Carlin, chef pâtissier de l’Hôtel de Crillon, illustre cette tendance en réduisant la quantité de sucre dans ses créations. « Moins de sucre ne signifie pas moins de gourmandise », assure-t-il. « Cela signifie une expression plus pure de la saveur, plus de fruit et un goût plus raffiné. »

Si Paris ne ressemble pas encore aux marchés californiens haut de gamme comme Erewhon, où une simple course peut dépasser les 800 $ (environ 740 €), ou ne croule pas sous les spas médicaux, un intérêt croissant pour le bien-être est bien perceptible. Les prix des produits frais restent, pour l’instant, relativement abordables, et une fraise ne coûte pas 19 $ (environ 17,50 €). Néanmoins, le marché français du bien-être a connu une augmentation de 8,4 % entre 2023 et 2024, atteignant plus de 210 milliards de dollars (environ 195 milliards d’euros). Il occupe désormais la sixième place mondiale, derrière les États-Unis, qui dominent le marché avec 2 100 milliards de dollars (environ 1 950 milliards d’euros).

Ce virage vers le bien-être, avec l’adoption de pratiques comme la méditation, peut surprendre après des décennies de valorisation de l’art de vivre à la française. Les ouvrages américains célébrant le style de vie français – Les Françaises ne grossissent pas, Bringing Up Bébé – ont longtemps fasciné. Pourtant, les Français semblent désormais capables de surpasser les États-Unis dans ce domaine, en prouvant que le bien-être n’est pas une compétition.

Martine Assouline, fondatrice de la maison d’édition de luxe éponyme et d’origine parisienne, nuance : « À Paris, le bien-être est souvent calme et intégré au quotidien : marcher, prendre le temps d’un repas, des conversations qui s’étirent, un temps qui n’est pas vécu comme une course. La terrasse d’un café n’est pas un plaisir coupable : c’est presque de la neuroscience. » Elle contraste cette approche avec le modèle américain, plus axé sur la performance, la discipline et l’optimisation, qui peut engendrer une nouvelle forme de pression.

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