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Set point et métabolisme : le véritable obstacle à la perte de poids selon la science

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Publié le 19/10/2025 10:00:00. Le Dr Andrew Jenkinson, chirurgien bariatrique, remet en question les approches traditionnelles de perte de poids, expliquant que le corps possède un système de régulation complexe, le « point de consigne », rendant les régimes restrictifs souvent inefficaces à long terme.

  • La reprise de poids après un régime n’est pas due à un manque de volonté, mais à des mécanismes biologiques complexes.
  • Le cerveau, via l’hypothalamus, maintient un « point de consigne » de poids corporel, influencé par la génétique et l’environnement.
  • Les régimes yo-yo et l’alimentation moderne (sucres, aliments transformés) perturbent les signaux de satiété et peuvent augmenter ce point de consigne.

La lutte contre le surpoids est souvent perçue comme une bataille de volonté, où la restriction calorique et l’exercice sont les seules armes. Pourtant, selon le Dr Andrew Jenkinson, chirurgien spécialisé dans la chirurgie de l’obésité, cette vision est réductrice et souvent contre-productive. Lors d’une intervention sur le podcast ZOÉ, il a détaillé les découvertes scientifiques récentes concernant le métabolisme et la notion de « point de consigne » du corps, expliquant pourquoi de nombreux régimes conventionnels mènent à une reprise de poids quasi inévitable, parfois avec un surplus.

Pour le Dr Jenkinson, l’idée qu’il suffit d’un simple effort de volonté pour perdre du poids est un « mythe néfaste ». Il met en avant des « mécanismes de rétroaction et l’homéostasie » que notre organisme utilise pour défendre son poids actuel. Le cerveau, et plus particulièrement l’hypothalamus, agirait comme un « thermostat interne », définissant une fourchette de poids stable, le fameux « point de consigne ». Ce réglage est influencé par une combinaison de facteurs génétiques, épigénétiques et environnementaux.

Lorsque l’on cherche à réduire ce poids par des restrictions, le corps réagit de manière défensive. La faim s’intensifie, la fatigue s’installe, et le métabolisme ralentit, créant une résistance à la perte de poids, comparable à une « ancre élastique » difficile à briser. La génétique jouerait un rôle majeur, pouvant expliquer jusqu’à 70 % du risque d’obésité, mais son expression est modulée par notre environnement et notre alimentation.

Le Dr Jenkinson souligne l’impact de l’alimentation moderne. L’exposition fréquente aux aliments ultra-transformés, riches en sucres et en glucides raffinés, perturbe la signalisation hormonale. L’insuline augmente, entraînant une résistance à la leptine, l’hormone qui régule la sensation de satiété. Résultat : le cerveau ne reçoit plus le signal que le réservoir est plein, maintenant une sensation de faim persistante et un ralentissement métabolique.

Les régimes drastiques et les cycles de perte et reprise de poids, connus sous le nom de « régime yo-yo », seraient particulièrement délétères. Des études, notamment sur des rongeurs, suggèrent que ces fluctuations pourraient, paradoxalement, augmenter le point de consigne du corps, rendant la perte de poids plus difficile à long terme. « Un régime yo-yo peut en fait augmenter votre point de consigne, vous rendant plus lourd à long terme », avertit le Dr Jenkinson.

Face à ce constat, le chirurgien prône une approche axée sur la qualité de l’alimentation et les habitudes plutôt que sur le simple comptage des calories. Il recommande plusieurs étapes clés :

  • Éliminer les sucres ajoutés : Une période d’au moins un mois sans sucre permettrait de réduire l’insuline et de redonner à la leptine son efficacité.
  • Espacer les repas : Manger seulement trois fois par jour et accepter une faim passagère entre les repas.
  • Privilégier le « fait maison » : Éviter les aliments transformés et revenir à une alimentation ancestrale, riche en viandes, poissons, légumes et produits laitiers.
  • Manger en pleine conscience : Accorder toute son attention à l’acte de manger, et limiter le temps d’alimentation à 6-8 heures par jour.
  • Réduire les glucides : Viser moins de 100 grammes de glucides par jour.
  • Gérer le stress et le sommeil : Ces facteurs jouent un rôle non négligeable dans la régulation du poids.

En conclusion, le Dr Jenkinson insiste sur la nécessité de comprendre la biologie du poids corporel pour aborder efficacement le problème de l’obésité. Tant que la société privilégiera les approches basées sur la restriction et la volonté, les solutions resteront limitées. Une véritable transformation nécessiterait une éducation et des politiques publiques visant à réguler l’environnement alimentaire, en particulier face à l’omniprésence des aliments ultra-transformés.

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