L’automne est là, les journées raccourcissent, et avec elles, le retour en force des soupes le soir. Mais attention, toutes les préparations industrielles ne se valent pas : certaines cachent des compositions décevantes, loin de l’équilibre nutritionnel promis.
Les pièges des soupes industrielles : une composition trompeuse
Malgré des étiquettes arborant un Nutri-Score B ou C, nombre de soupes en brique ou déshydratées révèlent un manque criant de légumes réels, compensé par une forte présence d’additifs. Le Dr Jean-Michel Cohen, nutritionniste, alerte dans son guide d’achat sur ces produits « fabriqués en France sans colorant ni conservateur », qui dissimulent pourtant de la fécule de pommes de terre, du sirop de glucose, de l’huile de palme, du sel et des arômes. Une situation qui l’amène à s’interroger :
« On se demande s’il est normal qu’il soit légal d’appeler cela une soupe et de mettre en avant le potiron présent sous forme déshydratée à 2,6 % »
Dr Jean-Michel Cohen
Le critère déterminant pour évaluer la qualité d’une soupe reste la teneur en légumes. Le Dr Cohen insiste sur un repère essentiel : la proportion de légumes doit atteindre au minimum 40 % dans la liste d’ingrédients, accompagnée d’eau, de sel et d’épices, et idéalement, rien de plus. C’est cette exigence qui conduit le nutritionniste à épingler certaines références, même celles qui affichent des mentions rassurantes comme « sans conservateur ».
Les quatre soupes à éviter absolument selon le Dr Cohen
Le Dr Cohen a identifié quatre soupes industrielles qu’il déconseille formellement :
- Le velouté de poireaux français Knorr : malgré un Nutri-Score B et une mise en avant du poireau, celui-ci ne représente que 12 % de la recette, derrière l’amidon de pomme de terre et le sucre.
- Le velouté de potiron Royco : classé Nutri-Score C, ce produit se targue d’être « fabriqué en France sans colorant ni conservateur », mais sa composition est dominée par la fécule, l’huile de palme et les arômes, avec seulement 2,6 % de potiron.
- Le velouté pommes de terre gruyère Knorr & La Potagère : noté Nutri-Score B, ce produit, bien que correct sur le plan nutritionnel, s’apparente davantage à une purée diluée qu’à un véritable potage.
- Le velouté de tomates françaises Liebig : également Nutri-Score B, cette soupe repose sur un jus concentré plutôt que sur des tomates entières, ce qui entraîne une perte de fibres et de saveur.
Du marketing plus que des nutriments
Le nutritionniste dénonce par ailleurs l’usage de « jus concentrés » au lieu de pulpes entières, privant ainsi le consommateur de fibres naturelles. « Il est dommage de baser une soupe sur un jus concentré et non une pulpe de tomates ou mieux des tomates », regrette-t-il. Ces produits, souvent gratifiés d’un Nutri-Score B, donnent une fausse impression de qualité, alors qu’ils s’apparentent à des aliments ultra-transformés. De même, les mentions « allégées » ou « sans conservateurs » peuvent masquer des teneurs élevées en sel (jusqu’à 0,64 g pour 100 ml) et en graisses saturées, induisant le consommateur en erreur sur son choix.
Les alternatives saines et pratiques : les bons élèves selon le Dr Cohen
Fort heureusement, le guide d’achat ne se limite pas aux mauvais élèves. Plusieurs soupes sont également saluées pour leur équilibre et leur faible teneur en additifs. Parmi les marques les mieux notées, on retrouve :
- Le velouté 8 légumes du potager Florette : apprécié pour son goût proche du fait maison, sa composition à base de pommes de terre et petits pois, et son taux de sel raisonnable.
- Le velouté petits pois légumes verts bio Jardin Bio Étic : riche en fibres et protéines grâce à une forte proportion de légumes verts et une huile de colza de qualité. Un bémol toutefois : la teneur en sel pourrait être réduite.
- Le potage courge butternut, patate douce, carotte de Picard : une recette simple et douce, avec très peu de sel, une texture onctueuse et des ingrédients naturels.
- Le mouliné d’antan bio La Potagère : un mélange varié de légumes verts bio, conditionné en format pratique et portionnable, sans amidon et au goût proche du fait maison.
Ces soupes représentent des options saines et pratiques, chacune apportant ses bénéfices nutritionnels et gustatifs.
Comment bien choisir sa soupe ? Les conseils du Dr Cohen
Pour éviter les mauvaises surprises et faire un choix éclairé, le Dr Cohen recommande de privilégier :
- Les soupes contenant au moins 40 % de légumes.
- Une liste d’ingrédients courte et facile à identifier.
- Des huiles de qualité (colza, olive) plutôt que l’huile de palme.
Mais le conseil ultime reste : « cuisiner soi-même dès que possible ». Une soupe maison, même simple, garantit un apport optimal en fibres, saveur et équilibre, sans excès de sel ni additifs. Comme le rappelle le médecin, il est préférable de consommer une petite quantité d’un produit de qualité que de se rabattre sur un grand bol de soupe déshydratée sans réel intérêt nutritionnel.