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Starbucks Workers United s’apprête à voter sur l’autorisation de grève

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Les baristas de Starbucks appellent à un vote de grève pour obtenir un contrat collectif

Starbucks Workers United lance ce vendredi un vote d’autorisation de grève pour faire pression sur le géant du café et obtenir enfin un contrat collectif. Le syndicat, qui représente des milliers de baristas à travers les États-Unis, prévoit également une série de rassemblements et de piquets de grève pour soutenir ce mouvement.

Ce vote, qui se déroulera sur plusieurs jours, pourrait déboucher sur une grève d’une durée indéterminée, dont les modalités exactes restent à définir. Parallèlement, soixante-dix manifestations sont prévues dans 60 villes, du vendredi 27 octobre au 1er novembre. Si ce vote aboutit à une grève, il s’agirait de la troisième action de mobilisation nationale d’envergure depuis décembre dernier.

Des négociations au point mort

Les discussions entre Starbucks et Workers United sont dans une impasse depuis décembre 2024, date à laquelle les négociations pour un premier contrat ont échoué. Bien que des tentatives de médiation aient eu lieu en février, et que des centaines de délégués ont voté contre une proposition économique de Starbucks en avril, aucune avancée concrète n’a été constatée.

Le syndicat met en avant trois revendications principales : de « meilleurs horaires pour améliorer le personnel », une revalorisation salariale (sans chiffrage précis pour l’heure), et la résolution de centaines d’accusations de pratiques de travail déloyales en suspens. Workers United, qui a entamé son action de syndicalisation chez Starbucks en 2021, représente désormais plus de 12 000 employés répartis dans plus de 650 établissements. Ce nombre reste cependant une fraction des plus de 18 000 magasins que compte Starbucks en Amérique du Nord.

« Nous ferons tout ce qu’il faut pour obtenir ce contrat », a affirmé Jasmine Leli, barista dans un établissement syndiqué de Buffalo, New York, et impliquée dans les négociations. Selon le syndicat, le coût d’un accord pour l’entreprise serait inférieur à celui d’une journée de ventes moyenne.

La réponse de Starbucks : des conditions déjà optimales

De son côté, Starbucks maintient que le syndicat ne représente qu’une minorité de ses employés, estimée à environ 4 %. « S’ils sont prêts à revenir à la table des négociations, nous sommes prêts à discuter », a déclaré Jaci Anderson, porte-parole de l’entreprise. Starbucks assure déjà offrir « les meilleurs emplois du secteur de la vente au détail », avec un salaire horaire moyen incluant avantages sociaux de plus de 30 dollars. L’entreprise met également en avant un investissement de plus de 500 millions de dollars pour renforcer ses équipes durant les périodes de forte affluence.

Starbucks met en avant des indicateurs positifs : un engagement des employés en hausse, un taux de rotation du personnel inférieur de moitié à la moyenne du secteur, et plus d’un million de candidatures reçues chaque année. L’entreprise s’apprête d’ailleurs à dévoiler ses résultats du quatrième trimestre.

Un plan de redressement et des investissements

Sur le plan financier, le titre Starbucks a connu une baisse de 6 % depuis le début de l’année, et les ventes à magasins comparables ont diminué pendant six trimestres consécutifs. L’entreprise est actuellement engagée dans un plan de redressement, baptisé « Back to Starbucks », sous l’égide de son nouveau PDG, Brian Niccol. Ce plan inclut le déploiement du programme « Green Apron Service », visant à améliorer l’expérience client par des interactions chaleureuses, soutenu par des mesures pour garantir un effectif suffisant et une technologie optimisée.

Ce programme, né de la croissance des commandes numériques (représentant désormais plus de 30 % des ventes) et des retours des baristas, constitue le plus important investissement de l’histoire de l’entreprise dans l’hôtellerie et ses employés. En outre, Starbucks a lancé un programme pilote pour des postes de directeur adjoint de magasin, dont 90 % des postes seraient pourvus par des promotions internes.

Le problème de personnel, régulièrement soulevé par les baristas syndiqués, semble être une préoccupation majeure pour l’entreprise. Le PDG actuel, Brian Niccol, semble adopter une approche moins conflictuelle que son prédécesseur, Howard Schultz. Néanmoins, Starbucks a annoncé en septembre une restructuration d’un milliard de dollars, qui devrait entraîner la fermeture d’environ 500 magasins nord-américains et le licenciement de 900 employés non commerciaux. Le syndicat affirme avoir négocié des avantages supplémentaires pour les travailleurs concernés par ces fermetures.

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