Publié le 2025-10-12 06:17:00. Entre repas rapides et tentations sucrées, notre alimentation moderne nous pousse souvent vers une consommation excessive de sel et de sucre. L’industrie agroalimentaire, par ses stratégies marketing ciblées, joue un rôle déterminant dans ces habitudes, alerte une experte en consommation.
Face à un quotidien souvent trop chargé pour cuisiner, les consommateurs se rabattent sur des produits transformés riches en sel et en sucre. Un yaourt aux fruits au petit-déjeuner, une barre de céréales en guise de collation, un sandwich de boulangerie à midi et une pizza surgelée le soir : la journée type peut rapidement dériver vers des excès nocifs. Anja Schwengel-Exner, du Centre bavarois des consommateurs, souligne la responsabilité de l’industrie alimentaire dans ce phénomène. « L’industrie façonne nos habitudes alimentaires », affirme-t-elle, car ce sont les fabricants qui décident de la composition des produits que nous trouvons dans les supermarchés.
Selon l’experte, les campagnes publicitaires pour les produits sucrés et salés ciblent particulièrement les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. « Ces personnes sont encore influençables, et on peut agir sur leurs goûts », explique Anja Schwengel-Exner, citée dans le magazine grand public de la BR.
Cette stratégie s’appuie sur une préférence humaine innée pour le sucré, dès les premiers instants de vie. « Le liquide amniotique et le lait maternel, avec lesquels l’être humain entre d’abord en contact, sont sucrés », rappelle la conseillère en alimentation. L’industrie agroalimentaire capitalise ainsi sur cette prédisposition.
Les risques d’une surconsommation de sucre
Les risques liés à une consommation élevée de sucre sont multiples : obésité, caries dentaires, ou encore problèmes cardiaques et circulatoires. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un apport maximal de 50 grammes de sucres ajoutés par jour pour les adultes, idéalement 25 grammes. Pour illustrer, 400 millilitres de thé glacé ou 50 grammes de chocolat représentent déjà la moitié de cet objectif. En Allemagne, la consommation moyenne atteint près de 100 grammes quotidiens, soit le double de la recommandation. L’expert note l’absence de « signal d’alarme » naturel dans notre corps pour limiter cette ingestion.
Conseils pour limiter le sucre
Pour maîtriser sa consommation, privilégier la cuisine maison est la première recommandation. Cela permet de contrôler précisément la quantité de sucre ajoutée. Lors des achats, l’examen attentif des listes d’ingrédients est essentiel. Anja Schwengel-Exner précise que les termes se terminant par « -ose » (glucose, fructose, saccharose, dextrose, maltose) désignent différentes formes de sucres. Les édulcorants dits naturels, tels que le sirop de maïs, d’agave ou d’érable, ainsi que les concentrés de fruits, sont également du sucre et n’offrent pas d’avantage nutritionnel par rapport au sucre blanc classique.
Les édulcorants comme la stévia peuvent sembler une alternative, mais leur faible teneur en calories ne suffit pas à rompre l’habitude du sucré, et ils peuvent avoir des effets laxatifs. La meilleure approche, à long terme, est de rééduquer son palais. Une stratégie consiste à diluer progressivement les boissons sucrées avec de l’eau. Face à une envie de sucre, opter pour une poignée de noix, de la chicorée ou des fruits acides peut aider le corps à s’adapter à des saveurs moins sucrées, voire amères.
Le sel, un danger caché
Au-delà du sucre, le sel représente un autre danger pour la santé. Une consommation excessive augmente le risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et de lésions rénales. L’OMS recommande une limite quotidienne de cinq à six grammes de sel pour les adultes. Cette quantité est rapidement atteinte, souvent via des aliments insoupçonnés. Par exemple, 100 grammes de pain peuvent contenir jusqu’à deux grammes de sel ; consommer 300 grammes de pain couvrirait donc la moitié des apports recommandés. Les emballages doivent indiquer la teneur en sel pour aider les consommateurs.
La cuisine maison, une solution pérenne
Cuisiner soi-même offre la possibilité de créer des plats savoureux sans recourir à de grandes quantités de sel. Les épices, herbes aromatiques, le citron ou le vinaigre sont autant d’alternatives pour relever le goût. L’experte rappelle que la vigilance sur le sucre et le sel est un premier pas essentiel. Elle admet elle-même que même les experts cèdent parfois à la tentation : « Quand on me propose un cookie, je le prends toujours », conclut Anja Schwengel-Exner.