Publié le 24 octobre 2025. Une étude récente par des chercheurs de l’hôpital universitaire de Tallaght (TUH) met en lumière l’efficacité et la praticité des tests à domicile pour une infection gastrique courante, comparant favorablement la télémédecine aux consultations traditionnelles et soulignant une meilleure assiduité des patients.
- Les tests respiratoires à l’urée (UBT) à domicile se révèlent aussi précis que les tests en clinique pour la détection d’Helicobacter pylori (H. pylori).
- Cette approche virtuelle permet un diagnostic et un traitement plus rapides, tout en réduisant les contraintes pour les patients et le système hospitalier.
- Les patients participants ont exprimé une forte satisfaction, et la méthode a généré des bénéfices environnementaux notables.
Une nouvelle recherche publiée dans le *Journal de médecine clinique* indique que les tests à domicile, couplés à la télémédecine, représentent une alternative performante et plus rapide aux rendez-vous médicaux conventionnels pour les patients suspectés d’infection à H. pylori, une bactérie responsable de troubles gastriques.
L’étude, menée par une équipe du laboratoire gastro-intestinal de l’hôpital universitaire de Tallaght (TUH) sous la direction du Dr Conor Costigan, registraire spécialisé en gastro-entérologie, a analysé 423 consultations virtuelles. Parmi les participants, 135 étaient des hommes, avec un âge moyen de 42 ans. Le taux de positivité des tests H. pylori s’est établi à 22 %, un chiffre proche des 21 % observés lors des examens en personne. Ce qui a particulièrement marqué les chercheurs, c’est la faible défection : aucun patient n’a manqué son rendez-vous, et seulement deux annulations ont été enregistrées. Le Dr Costigan a souligné que les patients orientés vers des cliniques virtuelles étaient significativement plus susceptibles de honorer leur engagement que ceux ayant opté pour une consultation physique.
Le test respiratoire à l’urée (UBT) est généralement prescrit aux personnes présentant des symptômes tels que des douleurs abdominales, des ballonnements, des nausées, des vomissements ou des reflux acides. Contrairement à l’endoscopie, procédure invasive, l’UBT est non invasif, fiable et aisément réalisable chez soi, en faisant une option diagnostique particulièrement appréciée des patients.
Le protocole mis en place impliquait l’envoi de kits de test UBT C13 aux patients communautaires. Ces derniers étaient ensuite guidés par un technicien de laboratoire gastro-intestinal lors d’un rendez-vous vidéo pour réaliser le test à domicile. Une fois l’échantillon prélevé, les patients le retournaient à l’hôpital, soit via leur médecin généraliste, par voie postale, soit en le déposant dans un point de collecte désigné, pour analyse.
Le professeur Deirdre McNamara, gastro-entérologue consultant universitaire à la TUH et auteure principale de l’étude, a quantifié les bénéfices de cette approche : « Les rendez-vous virtuels UBT ont permis d’économiser 9 943,5 kilomètres de déplacements, l’équivalent de 254 heures de trajet et de 1,24 tonne d’émissions de CO2 ». Elle a ajouté : « Sur les 300 patients ayant répondu aux questionnaires de retour d’expérience, 92 % ont jugé leur expérience de l’alcootest à domicile comme « bonne » ou « excellente ». Ces résultats confirment que les tests à domicile pour H. pylori sont efficaces, bien acceptés et bénéfiques pour l’environnement, tout en réduisant le recours à des procédures plus invasives et coûteuses telles que l’endoscopie. Ce service continue d’être proposé à la TUH sur une base hebdomadaire. »
Barbara Keogh Dunne, PDG du TUH, a salué cette initiative : « Cette recherche témoigne de l’engagement constant du TUH en faveur de l’innovation et de l’utilisation de la technologie pour améliorer les soins prodigués aux patients. C’est un excellent exemple de la manière dont nous obtenons de meilleurs résultats grâce à des solutions de santé plus intelligentes et plus durables. »
L’étude complète, intitulée « Virtual Urea Breath Testing for H. pylori Infection: A Telemedicine Innovation in Gastroenterology », a été publiée dans le Journal de médecine clinique.