Publié le 24 février 2026 à 19h35. Un nouveau recueil d’essais explore les courants cinématographiques français qui ont suivi la Nouvelle Vague, mettant en lumière des œuvres et des réalisateurs souvent négligés par l’histoire du cinéma.
Un ouvrage modeste dans sa forme mais ambitieux dans son propos, Loin des maîtres – Expérimentations dans le cinéma français post-nouvelle vague, publié par une petite maison d’édition basée à Melbourne, se penche sur les pratiques cinématographiques qui ont émergé après l’influence de la Nouvelle Vague française des années 1950 et 1960. Le livre, qui compte 112 pages, est le fruit d’un travail collectif issu d’un ciné-club de l’Université de Melbourne.
L’ouvrage, édité par Cornell Cash et Corey P. Cribb, propose une analyse de neuf films et de leurs créateurs, à partir de la fin des années 1960, qui se sont engagés dans ce que les auteurs qualifient d’« expérimentations post-Nouvelle Vague ». L’introduction souligne que ces films s’éloignent souvent de l’innocence et de la légèreté de la découverte qui caractérisaient les premiers films de la Nouvelle Vague, et abordent, tant sur le plan formel que thématique, une « crise dans la relation entre la vie personnelle et le sens collectif ».
Plusieurs contributeurs sont déjà connus des lecteurs réguliers de la presse spécialisée. Jake Wilson, par exemple, apporte son expertise dans une étude approfondie de l’œuvre de Jacques Rivette, Le pont du Nord (1981), soulignant la manière dont sa préoccupation pour l’inévitabilité du changement se reflète dans ses images et son intrigue. Philippa Hawker, ancienne critique de cinéma, signe également une analyse perspicace des Idoles (1968), un film rare réalisé par Marc’o, retraçant sa transformation d’une performance radicale en œuvre cinématographique.
Miranda Stanyon, de l’Université de Melbourne, explore avec pertinence les liens entre le film L’amour fou (1969) de Rivette et la pièce Andromaque de Jean Racine. Jack Keenan, quant à lui, propose une lecture originale du film de Truffaut, L’enfant sauvage (1970), en s’appuyant sur des éléments de la vie et de la carrière du réalisateur.
L’ouvrage aborde également le film Acéphale (1968) de Patrick Deval, considéré comme l’une des œuvres les plus expérimentales de la collection, et qui, dans sa quête de nouvelles formes d’expression, embrasse les aspects les plus sombres et violents de la nature humaine. Plus d’informations sur Acéphale sont disponibles sur le site du Close-Up Film Centre.
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