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Trois façons dont l’Ukraine utilise l’IA pour améliorer les services liés au VIH

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Publié le 2025-10-28 16:20:00. En pleine guerre, les services de santé ukrainiens démontrent une résilience remarquable grâce à l’intégration de technologies innovantes, notamment l’intelligence artificielle. Ces avancées visent à améliorer l’accès aux soins, le dépistage du VIH et la planification des systèmes face aux crises.

  • Des chatbots dotés d’avatars interactifs facilitent l’accès à l’information sur la santé sexuelle et les services de réduction des risques.
  • L’apprentissage automatique permet d’optimiser le dépistage du VIH en identifiant les populations les plus à risque au sein des réseaux sociaux.
  • L’intelligence artificielle renforce la planification de la continuité des activités pour assurer la pérennité des services, même en temps de crise.

L’Alliance pour la santé publique ukrainienne a présenté ces développements lors de la 20e Conférence européenne sur le sida (EACS 2025) à Paris. Tetiana Deshko, représentante de l’organisation, a détaillé trois axes majeurs d’application de l’intelligence artificielle : les « humains numériques », l’apprentissage automatique pour le dépistage du VIH et l’analyse prédictive pour la résilience.

Le projet TWIIN, un chatbot destiné aux populations clés en Ukraine, incarne la première initiative. Il utilise des « humains numériques », des avatars interactifs basés sur des visages et voix réels, pour répondre aux questions concernant la santé sexuelle, la consommation de drogues et les services de santé. L’exactitude des informations est assurée par une base de connaissances propre à l’Alliance, complétée par ChatGPT si nécessaire. La recherche suggère que ces avatars ont un impact plus significatif sur les comportements de santé que les agents textuels, favorisant un lien émotionnel et une adaptation culturelle plus aisée. Les sujets les plus fréquemment abordés incluent la PrEP, les voies de transmission du VIH, la prophylaxie post-exposition (PPE), la prévention des surdoses avec les bandelettes de fentanyl, le traitement de substitution aux opioïdes (TSO), les possibilités de guérison du VIH et le chemsex. Bien que promu via divers canaux, la publicité ciblée sur Google et Meta s’est avérée la plus efficace pour atteindre les utilisateurs.

L’objectif de TWIIN est également de réduire la charge de travail des agents de sensibilisation humains, leur permettant de se concentrer sur les interactions plus complexes. Au dernier trimestre 2024, TWIIN a touché 4 702 personnes, surpassant la moyenne de 1 150 clients par ONG soutenue par le Fonds mondial. Les interactions sur la plateforme visent à encourager un engagement plus profond envers les soins de santé, orientant les utilisateurs vers des plateformes de télésanté pour commander du matériel de prévention, organiser des appels avec des agents de santé communautaires ou consulter des médecins.

Dans le domaine du dépistage du VIH, l’Alliance a optimisé son programme de dépistage en réseau. Initialement, le rendement (proportion de personnes dépistées testées positives) était de 1 à 2 %. Le déploiement de tests via les réseaux sociaux a porté ce taux entre 4 et 24 %. Ce modèle repose sur l’incitation des personnes nouvellement diagnostiquées à encourager leurs pairs à se faire tester. Cependant, ce rendement a connu des fluctuations. Pour pallier cela, l’Alliance utilise désormais l’apprentissage automatique, une branche de l’IA, pour identifier les individus les plus susceptibles de réussir à recruter des pairs séropositifs non diagnostiqués. L’IA permet de déceler des facteurs de risque parfois méconnus des agents de santé, particulièrement dans un contexte évolutif comme l’afflux de personnes déplacées. L’an dernier, cette approche a permis à 55 cas index de désigner 922 pairs, dont 52 (5,6%) ont été diagnostiqués séropositifs, surpassant le rendement du dépistage guidé par le personnel (4,3%).

Enfin, l’intelligence artificielle est un atout majeur pour renforcer la planification de la résilience de l’Alliance, notamment pour se conformer à la norme internationale ISO 22301. Cette norme vise à établir un cadre pour identifier les risques, se préparer aux perturbations et maintenir les fonctions essentielles en cas de crises (cyberattaques, bombardements, pannes d’infrastructure). L’IA analyse les processus critiques, les dépendances et les risques pour élaborer des plans d’urgence personnalisés. Elle anticipe les risques avant leur aggravation, offre une aide à la décision en temps réel lors d’incidents et analyse les perturbations passées pour affiner les meilleures pratiques. Tetiana Deshko souligne que cette approche rend la gestion de la continuité des activités plus accessible, même pour les organisations disposant de ressources limitées.

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