Publié le 24 février 2023 18:47:00. L’administration américaine, sous la présidence de Donald Trump, maintient la pression sur l’Iran en évoquant la possibilité d’une action militaire limitée, alors que des négociations se poursuivent pour tenter de limiter le programme nucléaire iranien et lever les sanctions économiques.
- Donald Trump a laissé entendre qu’une frappe militaire contre l’Iran est envisagée si un accord n’est pas trouvé dans les prochains jours.
- Téhéran affirme avoir préparé un projet d’accord avec Washington, mais conteste les exigences américaines concernant son programme d’enrichissement d’uranium.
- Les tensions sont exacerbées par la situation économique iranienne et les manifestations récentes réprimées avec violence.
La menace de recourir à la force, formulée par le président Trump, intervient après une série de discussions diplomatiques à Genève et à Oman. Ces pourparlers, les premiers depuis un incident en juin dernier impliquant des frappes américaines contre des installations nucléaires iraniennes, visent à trouver un terrain d’entente sur le programme nucléaire iranien, accusé par les pays occidentaux de viser à la fabrication d’armes nucléaires, ce que Téhéran nie fermement.
Interrogé à ce sujet lors d’un petit-déjeuner avec les gouverneurs américains, Donald Trump a répondu laconiquement :
« Tout ce que je peux dire, c’est que j’y réfléchis. »
Donald Trump, président américain
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que son pays avait préparé un projet d’accord qui devrait être prêt dans les prochains jours. Il a précisé que ce projet serait ensuite soumis à Steve Witkoff, le principal négociateur de Trump pour le Moyen-Orient.
« Je pense que dans les deux ou trois prochains jours, cela sera prêt, et après confirmation finale par mes supérieurs, cela sera remis à Steve Witkoff. »
Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Cependant, M. Araghchi a contredit les déclarations de responsables américains en affirmant que les négociateurs américains n’avaient pas demandé à Téhéran de suspendre son programme d’enrichissement d’uranium.
« Nous n’avons proposé aucune suspension et la partie américaine n’a pas demandé l’enrichissement zéro. Ce dont nous parlons maintenant, c’est de savoir comment garantir que le programme nucléaire iranien, y compris l’enrichissement, soit pacifique et qu’il le reste pour toujours. »
Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Ces déclarations contrastent avec les positions répétées de Donald Trump, qui a affirmé à plusieurs reprises que l’Iran ne devait pas être autorisé à enrichir de l’uranium. L’Iran cherche en parallèle à obtenir la levée des sanctions économiques qui pèsent sur son économie, fragilisée par les manifestations de décembre et de janvier, réprimées avec une violence qui, selon des groupes de défense des droits de l’homme, aurait fait jusqu’à 30 000 morts, avec potentiellement des milliers d’autres victimes.
En réponse à la menace américaine, l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, a averti que les bases, installations et actifs américains seraient considérés comme des « cibles légitimes » en cas d’attaque. Malgré ces tensions, M. Araghchi a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas d' »ultimatum » et que les discussions se concentraient sur la recherche d’un accord rapide, qui serait bénéfique aux deux parties, notamment pour l’Iran, soumis à des sanctions.