Publié le 07 novembre 2025. Un agent de la Patrouille frontalière américaine, Charles Exum, a tiré à cinq reprises sur une femme après une collision routière à Chicago. Des messages texte envoyés par l’agent à ses collègues, se vantant de ses compétences de tireur, ont été présentés comme preuves lors d’une audience devant un tribunal fédéral.
L’incident, survenu le 4 octobre, oppose la version officielle des autorités à celle de la victime, Marimar Martínez, une citoyenne américaine. Selon les autorités, Marimar Martínez et un autre conducteur auraient délibérément percuté le véhicule de l’agent Exum, qui aurait alors agi en état de légitime défense. La femme, quant à elle, soutient que c’est le véhicule de la Patrouille frontalière qui a initié la collision en effectuant une embardée.
Lors de l’audience qui s’est tenue mercredi, l’agent Charles Exum a été amené à s’expliquer sur des messages texte particulièrement troublants qu’il aurait envoyés à ses collègues. « J’ai tiré cinq fois et elle a fait sept trous. Notez ça dans vos livres, les gars », aurait-il écrit, ajoutant un « amendement » à son récit initial. Interrogé sur la signification de ces propos, l’agent a déclaré : « Cela signifie que les actions illégales ont des conséquences illégales. » Il a maintenu avoir agi pour sauver sa vie, affirmant être fier de ses compétences de tireur, notamment en sa qualité d’instructeur d’armes à feu.
Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) avait confirmé la fusillade le 5 octobre, déclarant dans un communiqué que les agents avaient été heurtés par des véhicules et encerclés par une dizaine de voitures. Le DHS avait ajouté qu’une personne suspecte avait tenté de renverser les agents en sortant de son véhicule, les contraignant à faire feu. Aucune blessure grave n’a été signalée du côté des agents. La porte-parole du DHS, Tricia McLaughlin, avait précisé que la femme blessée portait une arme semi-automatique.
Marimar Martínez, âgée de 30 ans, et Anthony Ian Santos Ruiz, 21 ans, sont tous deux accusés d’agression d’un agent fédéral avec une arme mortelle ou dangereuse. L’incident s’est déroulé dans le contexte de « Opération Midway Blitz », une initiative de lutte contre l’immigration clandestine promue par l’administration Trump.
Les avocats de Marimar Martínez ont exprimé leurs préoccupations quant à une possible destruction de preuves. Ils ont notamment pointé du doigt le fait que l’agent Exum ait été autorisé à ramener son véhicule endommagé, un pick-up, dans le Maine, son État de résidence, alors que les voitures des deux prévenus sont restées à Chicago pour servir de preuves. La juge de district Georgia Alexakis a questioning ce traitement différentiel, demandant pourquoi le véhicule de l’agent bénéficiait d’une telle liberté de mouvement.
Les représentants du gouvernement ont défendu cette décision, arguant que toutes les preuves pertinentes avaient été conservées avant la restitution du véhicule, et que des photographies des dommages avaient été prises. L’agent Exum a confirmé avoir réparé les éraflures de son véhicule une fois arrivé dans le Maine, n’ayant pas été informé qu’il devait le conserver en l’état.
Cette affaire intervient dans un climat tendu à Chicago, où les agents fédéraux de l’immigration ont été accusés d’usage excessif de la force contre des manifestants. Des tactiques agressives, incluant l’usage de billes de poivre et de gaz lacrymogènes, ont conduit à des protestations et des poursuites judiciaires. Récemment, une autre juge fédérale a ordonné aux agents de restreindre le recours à la force contre les manifestants pacifiques et les médias, jugeant que les pratiques actuelles violaient les droits constitutionnels.