Publié le 2024-02-29 10:32:00. Une consommation accrue de vitamine B6 et d’acide folique avant l’apparition des premiers symptômes pourrait réduire le risque de mortalité chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, selon une étude américaine.
- Un apport plus élevé en vitamine B6 et en folate avant le diagnostic de la maladie de Parkinson est associé à une survie plus longue.
- L’étude, basée sur des données de plus de 1 500 participants, suggère que ces vitamines pourraient être envisagées comme pistes thérapeutiques potentielles.
- L’effet protecteur semble plus marqué lorsque l’apport en folate est élevé jusqu’à 12 ans avant le diagnostic.
La maladie de Parkinson (MP) est une affection neurologique progressive qui affecte principalement le mouvement. Les dommages neuronaux sont souvent importants au moment où les symptômes moteurs caractéristiques se manifestent, ce qui limite l’efficacité des traitements. Des recherches antérieures ont suggéré qu’une alimentation riche en vitamines pourrait jouer un rôle dans la prévention ou le retard de l’apparition de la maladie, mais l’impact de ces nutriments sur la survie des patients après le diagnostic restait incertain.
Pour mieux comprendre ce lien, des chercheurs du Brigham and Women’s Hospital et de la Harvard Medical School ont analysé les données provenant de deux vastes études américaines : l’étude sur la santé des infirmières et l’étude de suivi des professionnels de la santé. Leur analyse a porté sur 807 hommes et 714 femmes diagnostiqués avec la maladie de Parkinson après leur participation à ces cohortes. La mortalité toutes causes confondues a été évaluée en fonction des informations sur leur régime alimentaire, collectées via des questionnaires détaillés.
Les résultats ont révélé que les participants ayant le plus fort apport en vitamine B6 et en folate avaient tendance à vivre plus longtemps après leur diagnostic. Plus précisément, la survie moyenne ajustée était de 12,5 ans pour ceux se situant dans le quartile supérieur de consommation de vitamine B6, contre 10,9 ans pour ceux du quartile inférieur. Pour l’acide folique, les chiffres étaient de 12,6 ans et 11,2 ans respectivement.
Une analyse plus poussée a montré que les individus ayant le plus fort apport en vitamines avant le diagnostic présentaient un risque de mortalité significativement plus faible : un risque réduit de 24 % pour la vitamine B6 (rapport de risque ajusté de 0,76 ; intervalle de confiance à 95 %, 0,62-0,93) et de 22 % pour l’acide folique (rapport de risque ajusté de 0,78 ; intervalle de confiance à 95 %, 0,62-0,99). Cependant, cette association s’est atténuée après ajustement en fonction de l’âge au moment du diagnostic (P = .07).
L’étude n’a pas mis en évidence de lien significatif entre l’apport en vitamine B6 ou en folate après le diagnostic de la maladie de Parkinson et la mortalité (P ³ .23). En revanche, une analyse temporelle a montré qu’une consommation élevée de folate jusqu’à 12 ans avant le diagnostic était associée à une réduction significative du risque de mortalité (rapport de risque de 0,75 ; intervalle de confiance à 95 %, 0,58-0,97 ; P = .02). Une tendance similaire, bien que moins prononcée, a été observée pour la vitamine B6 (rapport de risque de 0,80 ; intervalle de confiance à 95 %, 0,65-0,98 ; P = .07).
Les chercheurs ont également constaté qu’un apport plus élevé en folate était associé à un risque de décès plus faible dans une cohorte de plus de 1 500 personnes sans maladie de Parkinson (rapport de risque de 0,78 ; intervalle de confiance à 95 %, 0,63-0,96).
Il est important de noter que l’étude présente certaines limites. Les données sur l’alimentation ont été collectées à l’aide de questionnaires, qui peuvent ne pas refléter avec précision les niveaux réels de vitamines dans l’organisme.
« Nos résultats suggèrent que les vitamines B, qui sont peu coûteuses, sûres et faciles à administrer, pourraient être considérées comme des interventions potentielles dans ces essais. »
Auteurs de l’étude
Les auteurs de l’étude concluent que ces vitamines, en raison de leur faible coût, de leur innocuité et de leur facilité d’administration, pourraient être envisagées comme des pistes à explorer dans le cadre de futures recherches thérapeutiques.
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