Une mise à jour annuelle des prestations de sécurité sociale, connue sous le nom d’ajustement au coût de la vie (COLA), suscite un débat quant à la pertinence de l’indice d’inflation utilisé pour déterminer son montant. La Senior Citizens League (TSCL) milite pour un changement, affirmant que l’indice actuel sous-évalue les hausses de prix subies par les retraités.
Le débat sur l’indice d’inflation pour les prestations de sécurité sociale
L’ajustement annuel au coût de la vie (COLA) pour les prestations de sécurité sociale, dont l’annonce pour l’année prochaine est attendue ce vendredi, est au cœur d’une discussion animée. La question centrale porte sur l’indice d’inflation le plus approprié pour actualiser ces prestations. La Senior Citizens League (TSCL) a récemment publié un rapport soulignant que l’indicateur actuellement utilisé, l’indice des prix à la consommation pour les salariés urbains et les employés de bureau (CPI-W), tend à produire des COLA légèrement inférieurs à ce qu’ils seraient si l’on utilisait un indice axé spécifiquement sur les personnes âgées, l’indice des prix à la consommation pour les personnes âgées (CPI-E).
Selon la TSCL, le CPI-E enregistre en moyenne une inflation supérieure d’environ 0,1 point de pourcentage à celle du CPI-W. Le CPI-W suit l’évolution des prix d’un panier de biens et services représentatif des dépenses des salariés urbains et des employés de bureau. En revanche, le CPI-E mesure l’inflation pour les Américains âgés de 62 ans et plus, en tenant compte des habitudes de dépenses propres à cette tranche d’âge.
Des milliards d’euros en jeu pour les retraités
La TSCL a calculé que, sur le long terme, cette différence d’indice peut avoir des conséquences financières notables. Un retraité ayant débuté sa carrière en 1999 aurait, selon leurs estimations, reçu environ 5 000 $ (environ 4 600 €) de prestations supplémentaires sur une période de 25 ans si le CPI-E avait été utilisé à la place du CPI-W. Pour ceux ayant pris leur retraite en 2014, l’écart se creuserait à un peu plus de 8 000 $ (environ 7 400 €) sur la même durée.
Alex Moore, statisticien à la TSCL, a déclaré lors d’une interview accordée à FOX Business : « Si vous prenez votre retraite en 2024, qui est la dernière année pour laquelle nous disposons de données permettant de calculer la prestation de départ moyenne, nous nous attendons à ce qu’une personne perde environ 12 000 dollars (environ 11 100 €) au cours de sa retraite ». Bien que ce montant puisse sembler modeste, il pourrait néanmoins représenter une somme significative pour la capacité financière d’une personne âgée à faire face aux dépenses courantes de sa retraite.
Une réforme législative nécessaire
La loi actuelle impose à l’Administration de la sécurité sociale et au Bureau of Labor Statistics (BLS) l’utilisation du CPI-W pour le calcul du COLA annuel. Par conséquent, une modification de la formule nécessiterait une intervention du Congrès. Des propositions législatives visant à introduire ce changement ont été déposées par des élus démocrates, mais elles n’ont pas abouti lors des récentes sessions législatives, s’étant enlisées en commission.
Les limites du CPI-E et l’alternative de l’indice chaîné
Le BLS, de son côté, souligne que si le CPI-E a été envisagé, il s’agit d’un indice de recherche présentant certaines limitations qui pourraient le rendre moins adapté à des fins de calcul de COLA. Parmi ces limites figurent une taille d’échantillon plus restreinte, une marge d’erreur d’échantillonnage plus élevée dans certaines catégories de dépenses, des zones géographiques échantillonnées moins représentatives de la population générale par rapport aux seniors, ainsi que des points de collecte de prix et des articles spécifiques qui ne tiennent pas toujours compte des remises souvent proposées aux personnes âgées.
Romina Boccia, directrice de la politique budgétaire et des droits à l’Institut Cato, a exprimé une opinion critique à l’égard de l’utilisation du CPI-E pour le calcul du COLA de la sécurité sociale. Elle a déclaré à FOX Business : « baser le COLA de la sécurité sociale sur l’IPC-E est politiquement attrayant pour ceux qui souhaitent augmenter les prestations, mais c’est une erreur économique et fiscale ». Selon elle, le CPI-E est un « indice expérimental peu fiable qui a tendance à surestimer l’inflation car il est basé sur un échantillon étroit (ce qui augmente les erreurs d’échantillonnage) et qu’il ne tient pas pleinement compte de la manière dont les consommateurs se tournent vers des biens moins chers lorsque les prix changent ».
L’Institut Cato suggère que l’indice des prix à la consommation chaîné (IPC chaîné) constituerait une mesure plus appropriée. Cet indice prend en compte la substitution des consommateurs entre des articles similaires et met à jour ses taux de dépenses chaque mois, reflétant ainsi plus fidèlement les comportements d’achat actuels, contrairement au CPI-W qui fixe les pondérations des dépenses sur la base d’enquêtes antérieures. « Une meilleure mesure est l’IPC chaîné, qui corrige ces défauts et reflète plus précisément la façon dont les gens réagissent à la hausse des prix », a affirmé Mme Boccia. « C’est pourquoi le code fiscal fédéral utilise déjà l’IPC chaîné, l’indice d’inflation le plus moderne et le plus précis. »
Une analyse menée par l’Institut Cato a révélé qu’entre 2013 et 2022, le CPI-W aurait surestimé l’augmentation du coût de la vie de 0,26 point de pourcentage par rapport à l’IPC chaîné. L’application de l’IPC chaîné à la sécurité sociale permettrait, selon l’institut, de mieux aligner les ajustements des prestations sur l’inflation réelle, plutôt que sur des estimations artificiellement gonflées qui aggravent les finances déjà précaires du programme.