Publié le 15 février 2024 11:57:00. La migraine, bien plus qu’un simple mal de tête, touche une femme sur trois. Le professeur Gisela Terwindt apporte un message d’espoir grâce aux progrès de la recherche et à de nouveaux traitements, y compris des options préventives révolutionnaires.
- La migraine est une maladie neurologique complexe, souvent sous-diagnostiquée chez les femmes.
- De nouveaux traitements, comme les bêta-bloquants et les inhibiteurs du CGRP, offrent des solutions efficaces pour gérer et prévenir les crises.
- L’importance d’une information précise et d’un diagnostic précoce est soulignée, avec une recommandation d’écoute d’un podcast spécialisé.
Longtemps considérée comme un problème mineur nécessitant repos et paracétamol, la migraine est aujourd’hui reconnue comme une maladie du cerveau invalidante. Le professeur de neurologie Gisela Terwindt insiste sur le fait qu’il existe des traitements efficaces, offrant un espoir réel aux millions de personnes qui en souffrent.
La migraine se manifeste de différentes manières. Au-delà des maux de tête intenses accompagnés de nausées et d’une sensibilité à la lumière et au son, il existe la migraine avec aura, un phénomène moins connu où le patient perçoit des scintillements, des lignes en zigzag ou des perturbations visuelles. « Vous voyez des étoiles, des scintillements et des lignes en zigzag. Cela commence très petit dans le coin de l’œil et vous avez souvent mal à la tête par la suite. Mais ce n’est pas nécessaire », explique le professeur Terwindt.
L’histoire personnelle du professeur Terwindt illustre la complexité de cette maladie. Alors qu’elle était interne en neurologie, elle a elle-même été victime d’une aura migraineuse, suscitant l’inquiétude de ses collègues qui ont d’abord envisagé la possibilité d’une tumeur. « Je faisais mon internat en neurologie et lors d’une consultation, j’ai eu des picotements dans la main. Et cela fait partie d’une aura de migraine. Je n’ai pas remarqué la lumière qui vacillait dans mes yeux parce que j’étais tellement concentré sur mon patient. Mais quand je l’ai dit au médecin, tout le monde a paniqué. Plus tard, j’ai entendu dire que je n’arrivais pas non plus à exprimer correctement mes mots. Un scanner a été immédiatement fait. J’ai pensé : ils pensent que j’ai une tumeur. Mais c’était une migraine », témoigne-t-elle.
La migraine touche plus particulièrement les femmes, avec une prévalence d’une sur trois. Elle est souvent liée aux fluctuations hormonales, notamment pendant les règles, mais est souvent minimisée par les patientes elles-mêmes. « Une femme sur trois souffre de migraines. Cela arrive souvent au moment des règles. Et puis ces femmes pensent que cela n’est qu’une partie du problème. C’est ce que je pensais aussi et c’est pourquoi nous manquons souvent de diagnostic », souligne le professeur Terwindt.
Les traitements ont considérablement évolué. Au-delà des médicaments courants comme le paracétamol ou l’ibuprofène, des options plus spécifiques sont disponibles, telles que les bêta-bloquants et d’autres médicaments antihypertenseurs ou antiépileptiques. Mais la véritable révolution réside dans les nouveaux traitements préventifs, notamment les inhibiteurs du CGRP, administrés par injection mensuelle. « Les soi-disant inhibiteurs du CGRP, injections que vous recevez une fois par mois. Et ainsi, vous pouvez empêcher les attaques. C’est vraiment révolutionnaire », affirme le professeur Terwindt. Des recherches sont également en cours sur une forme de comprimé d’inhibiteur du CGRP, à prendre uniquement en cas de besoin, notamment avant les règles.
Malgré ces avancées, le professeur Terwindt insiste sur la nécessité d’une meilleure prise en charge des femmes souffrant de migraines. Elle déplore le manque de reconnaissance et de sérieux accordé à leurs plaintes. Elle encourage également les patients à s’informer avant de consulter un médecin et à écouter des sources fiables, comme le podcast sur les maux de tête, plutôt que de se fier à des informations non vérifiées sur les réseaux sociaux. « Écoutez de vrais experts, ne regardez pas TikTok ».
Gerry van Bakel et Annelies Ruijs ont rencontré le professeur Gisela Terwindt pour discuter de la migraine.
*Kennismakers est une émission sur la science, la recherche, l’éducation et l’innovation, diffusée tous les mardis soirs à 19h sur Sleutelstad.nl. Pour les esprits curieux.