Publié le 24 septembre 2025 à 14h30. Un groupe de parlementaires britanniques réclame la divulgation du nom de l’ancien agent des services de renseignement connu sous le pseudonyme de Stakeknife, une figure controversée liée à de nombreux crimes durant les Troubles en Irlande du Nord.
- Une commission parlementaire estime que révéler l’identité de Stakeknife, vraisemblablement Freddie Scappaticci, serait dans l’intérêt public et renforcerait la confiance dans les agences de l’État.
- Le rapport Kenova, qui a enquêté sur les activités de Stakeknife, a identifié son rôle central dans l’infiltration de l’IRA et l’a lié à 14 meurtres et 15 enlèvements.
- Les chefs de la police et de l’enquête Kenova soutiennent publiquement la demande de divulgation, tandis que le gouvernement britannique examine la question suite à une décision de la Cour suprême.
La commission des affaires d’Irlande du Nord a publié un rapport aujourd’hui dans lequel elle estime qu’il est temps de lever le voile sur l’identité de Stakeknife, un agent infiltré qui opérait au cœur de l’unité de sécurité intérieure de l’IRA. L’enquête Kenova, menée par Iain Livingstone, avait recommandé la divulgation du nom de l’agent, mais s’était heurtée à la politique de « Ni Confirmation Ni Déni » (NCND) du gouvernement britannique concernant ses agents.
Selon les conclusions de l’enquête, Stakeknife, largement identifié comme étant Freddie Scappaticci, un homme originaire de l’ouest de Belfast et aujourd’hui décédé, avait pour mission de démasquer les informateurs au sein de l’IRA. Le rapport Kenova révèle que ses actions ont probablement causé plus de décès que les informations qu’il a pu fournir n’en ont permis d’éviter.
Les recommandations de la commission parlementaire ont été saluées par Jon Boutcher, le chef de la police du PSNI (Police Service of Northern Ireland). Il a déclaré que la divulgation du nom de Stakeknife apporterait une « clôture bien nécessaire » aux nombreuses victimes et familles touchées par les événements. M. Boutcher avait auparavant affirmé que s’il s’agissait d’un agent de police, il l’aurait déjà identifié.
« Comme je l’ai clairement indiqué dans le rapport Kenova final, nous pensons qu’il existe des arguments éthiques convaincants pour révéler la véritable identité de Stakeknife. »
Iain Livingstone, chef de Kenova
La présidente de la commission, la députée Tonia Antoniazzi, a exprimé sa conviction que la divulgation du nom de Stakeknife ne compromettrait pas la sécurité des agents en activité ni ne dissuaderait de futurs recrutements.
« En nommant Stakeknife, le gouvernement peut envoyer un signal fort selon lequel les agents qui franchissent une ligne ne bénéficieront pas de la protection de l’anonymat et contribuer à renforcer la confiance dans toutes les communautés d’Irlande du Nord. »
Tonia Antoniazzi, députée et présidente de la commission des affaires d’Irlande du Nord
Le gouvernement britannique a indiqué qu’il réexaminerait sa position suite à une décision récente de la Cour suprême concernant l’accès des familles aux informations contenues dans les dossiers de renseignement. La secrétaire d’État au Nord, Hilary Benn, avait initialement fait appel de la décision, estimant que la divulgation de tels documents était contraire à la politique de NCND. Cependant, la Cour suprême a finalement confirmé sa décision initiale.
Pour en savoir plus sur le contexte et les révélations du rapport Kenova, consultez cette analyse approfondie.