Publié le 8 février 2026 11:24:00. Un suspect russe, accusé d’avoir grièvement blessé un haut responsable du renseignement militaire à Moscou, a été arrêté à Dubaï. Parallèlement, l’Ukraine a annoncé de nouvelles sanctions contre des entreprises étrangères fournissant des composants essentiels à l’industrie russe des drones et des missiles.
- Un homme soupçonné d’avoir tiré sur le chef adjoint du GRU, le service de renseignement militaire russe, a été appréhendé à Dubaï et extradé vers la Russie.
- L’Ukraine a imposé des sanctions à des entreprises basées en Chine, dans d’anciens pays soviétiques, aux Émirats arabes unis et au Panama.
- Ces événements surviennent dans un contexte d’intensification des frappes russes sur l’Ukraine, notamment contre les infrastructures énergétiques.
L’arrestation du suspect dans l’affaire de l’attaque contre Vladimir Alekseïev, chef adjoint du GRU, a été annoncée par les services de sécurité russes (FSB). L’homme, âgé d’une soixantaine d’années, aurait fui vers les Émirats arabes unis après avoir commis les faits vendredi dans un appartement moscovite. Selon les médias russes citant le FSB, un complice présumé a été arrêté à Moscou, tandis qu’un troisième suspect aurait pris la fuite en Ukraine.
Vladimir Alekseïev a été hospitalisé après avoir reçu des blessures par balle. Il est déjà visé par des sanctions occidentales en raison de son rôle supposé dans des cyberattaques et de son implication dans l’empoisonnement de l’ancien agent russe Sergueï Skripal au Royaume-Uni en 2018.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a immédiatement accusé l’Ukraine d’être derrière cette tentative d’assassinat, affirmant qu’elle visait à saboter les éventuelles négociations de paix. L’Ukraine a catégoriquement nié toute implication.
« Nous n’avons rien à voir avec cette fusillade. »
Déclaration ukrainienne
L’amiral Igor Kostyukov, chef du GRU et supérieur hiérarchique de M. Alekseïev, avait récemment dirigé la délégation russe lors de discussions avec l’Ukraine à Abou Dhabi concernant les aspects sécuritaires d’un possible accord de paix.
Par ailleurs, le ministère russe de la Défense a annoncé avoir pris le contrôle des colonies de Hlushkivka, dans la région de Kharkiv, et de Sydorivka, dans la région de Soumy, dans l’est de l’Ukraine. Ces informations n’ont pu être vérifiées de manière indépendante par Reuters.
En parallèle, l’Ukraine a renforcé sa pression économique sur la Russie en imposant des sanctions à des entreprises étrangères qui continuent de fournir des composants essentiels à la production de drones et de missiles russes. Le président Volodymyr Zelensky a justifié cette décision par la nécessité de couper les sources d’approvisionnement de l’armée russe.
« La production de cet armement serait impossible sans des composants étrangers essentiels, que les Russes continuent d’obtenir en contournant les sanctions. »
Volodymyr Zelensky, Président ukrainien (sur X)
Selon des décrets présidentiels, les sanctions visent plusieurs entreprises chinoises, ainsi que des sociétés basées dans d’anciens pays soviétiques, aux Émirats arabes unis et au Panama. Cette décision intervient alors que la Russie a intensifié ses frappes sur l’Ukraine ces derniers mois, ciblant en particulier les infrastructures énergétiques et logistiques. Selon M. Zelensky, plus de 2 000 drones d’attaque, 1 200 bombes aériennes guidées et 116 missiles de différents types ont été lancés sur les villes et villages ukrainiens au cours de la semaine passée. Ces attaques ont provoqué des coupures de courant prolongées, pouvant atteindre 20 heures dans la capitale Kiev, et privé des régions entières d’électricité et de chauffage.
M. Zelensky a également annoncé des sanctions contre le secteur financier russe et les organismes impliqués dans le cryptomarché et les opérations minières russes.