Publié le 18 février 2024 08:03:00. Un locataire d’un logement social à Cork a frôlé la mort après la chute d’un morceau de maçonnerie de l’étage supérieur, révélant l’état de délabrement avancé de ces habitations et l’inquiétude croissante des résidents face aux risques encourus.
- Un habitant a été blessé par la chute d’un morceau de façade pesant plus d’un kilo.
- Les logements en question, construits dans les années 1960, sont régulièrement pointés du doigt pour leur humidité, leur moisissure et la présence de rongeurs.
- Le conseil municipal de Cork reconnaît l’ancienneté des bâtiments mais assure poursuivre les travaux d’entretien.
Colm Olden, 54 ans, locataire d’un appartement de la rue Clashduv à Cork, a eu une frayeur de mort le week-end dernier. Alors qu’il utilisait le robinet extérieur de son jardin, un morceau de rebord de fenêtre s’est détaché du dernier étage de l’immeuble et l’a frappé à l’épaule. « J’étais penché, utilisant le tuyau, quand j’ai reçu un coup dans le dos. Si j’étais à quelques centimètres en arrière, cela m’aurait frappé à la tête », a-t-il raconté à L’Écho.
Le morceau de maçonnerie, pesant plus d’un kilo, a laissé une marque visible sur son épaule. M. Olden estime avoir eu beaucoup de chance de ne pas être plus gravement blessé, voire tué. Cet incident met en lumière l’état préoccupant des logements sociaux de la rue Clashduv, construits dans les années 1960 et présentant des similitudes architecturales avec ceux de la rue Noonan’s, qui sont actuellement prévus pour être démolis.
M. Olden se plaint depuis longtemps des problèmes récurrents dans son logement. Il souffre de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une maladie pulmonaire aggravée, selon lui, par l’humidité et la moisissure présentes dans plusieurs pièces de l’appartement. « J’ai dû remplacer plusieurs éléments dans la cuisine, et c’est un combat constant pour lutter contre la moisissure, et nous dépensons 70 € par semaine pour essayer de chauffer l’endroit », a-t-il déclaré.
La présence de rongeurs est également un problème majeur. M. Olden raconte avoir trouvé un énorme rat sur son lit une nuit.
« J’ai essayé de l’envelopper dans la couette et de le faire sortir de la maison. J’ai un piège à rats industriel dans une chambre et on peut les entendre voyager tout le temps le long des plafonds. »
Colm Olden
Bien que le règlement du conseil municipal de Cork stipule que les locataires sont responsables de la lutte contre les infestations de rongeurs, plusieurs habitants soulignent que les rats et les souris se déplacent entre les appartements via les plafonds et les murs, et proviennent des jardins voisins, souvent envahis par la végétation et jonchés de détritus.
M. Olden a déjà signalé à plusieurs reprises les problèmes liés à son logement, notamment les dégâts d’eau causés par l’appartement inoccupé situé à l’étage supérieur. Il reconnaît que le conseil municipal lui a fourni un nouveau lit et des draps lors d’une précédente inondation, mais estime que les solutions apportées sont toujours temporaires.
« À ce stade, je fais appel au conseil municipal pour qu’il m’emménage dans une nouvelle maison. »
Colm Olden
Une enquête menée par L’Écho en décembre dernier auprès des 160 appartements de ce type, conçus par l’architecte de la ville Eamon O’Byrne dans les années 1960, a révélé que 85 % des personnes interrogées se plaignent de la présence de moisissure noire, et que le même pourcentage a des difficultés à chauffer son logement. 65 % signalent également des problèmes persistants avec les rongeurs.
Contacté par nos soins, un porte-parole du conseil municipal de Cork a déclaré qu’il ne commentait pas les cas individuels. Il a toutefois précisé que les appartements de la rue Clashduv sont anciens et nécessitent des travaux d’entretien réguliers. « Le conseil continue d’investir dans des programmes d’entretien et d’amélioration des logements et gère un système d’entretien réactif pour répondre aux réparations urgentes dans ces complexes et d’autres similaires », a-t-il ajouté.