Home Santé Un médicament oral utilisé dans d’autres indications pourrait ralentir l’évolution du diabète de type 1

Un médicament oral utilisé dans d’autres indications pourrait ralentir l’évolution du diabète de type 1

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Publié le 2025-10-09 11:20:00. Une nouvelle piste thérapeutique orale, déjà employée pour les maladies auto-immunes, pourrait offrir un espoir aux personnes nouvellement diagnostiquées avec un diabète de type 1. Une étude clinique suggère que ce traitement, administré quotidiennement, ralentit la perte de production d’insuline, ouvrant la voie à une meilleure gestion de la maladie à ses débuts.

  • Un médicament oral, le baricitinib, montre des résultats prometteurs pour préserver la fonction des cellules bêta pancréatiques chez les patients atteints de diabète de type 1 récemment diagnostiqués.
  • L’étude a démontré une réduction des besoins en insuline injectable et une diminution des fluctuations de la glycémie sans effets secondaires notables.
  • Les bénéfices du traitement s’estompent cependant à l’arrêt de la prise du médicament, soulignant la nécessité d’une administration continue.

Une avancée potentielle dans le traitement du diabète de type 1 vient d’être présentée lors de la réunion annuelle de l’Association européenne pour l’étude du diabète (EASD 2025), qui s’est tenue récemment. Une étude clinique de référence, menée par des chercheurs australiens, a évalué l’efficacité du baricitinib, un traitement administré par voie orale, dans le cadre du diabète de type 1 nouvellement diagnostiqué.

L’étude « Bandit » (Baricitinib dans l’apparition récente du diabète de type 1), une investigation randomisée et contrôlée par placebo, a inclus 91 participants âgés de 10 à 30 ans, diagnostiqués dans les 100 jours précédant leur inclusion. Pendant 48 semaines, les participants ont reçu soit 4 mg de baricitinib par jour, soit un placebo. Les chercheurs ont suivi de près plusieurs indicateurs clés : le taux de peptide C (marqueur de la production d’insuline), la glycémie et le recours à l’insuline injectable.

Les résultats préliminaires ont révélé une capacité du baricitinib à maintenir la fonction des cellules bêta du pancréas, à stabiliser la glycémie et à réduire le besoin d’insuline chez les patients en phase précoce de diabète de type 1. Ce médicament, appartenant à la classe des inhibiteurs de Janus Kinase (JAK), agit en modulant l’activité du système immunitaire. Dans le diabète de type 1, le système immunitaire attaque par erreur les cellules bêta ; en bloquant certains signaux immunitaires, le baricitinib pourrait ainsi protéger les cellules encore fonctionnelles.

Le baricitinib s’est montré bien toléré par les participants, sans effets secondaires majeurs observés pendant la période de traitement. Cependant, des données plus récentes, dévoilées lors de la réunion de l’EASD à Vienne en septembre dernier, indiquent que les bienfaits disparaissent après l’arrêt du traitement. Les différences observées entre le groupe traité et le groupe placebo devenaient insignifiantes après 72 et 96 semaines, traduisant une diminution de la production d’insuline et une dégradation du contrôle glycémique.

L’analyse approfondie des données a également révélé que ni l’âge, ni l’indice de masse corporelle (IMC), ni la présence de certains gènes immunitaires ne permettent de prédire la réponse au traitement. Environ deux tiers des patients traités par baricitinib ont montré une réponse favorable, sans augmentation des risques de sécurité lors du suivi.

« Le baricitinib se distingue par son administration orale, sa bonne tolérance même chez les enfants, et son efficacité claire dans la préservation de la fonction des cellules bêta. Pour la première fois, nous disposons d’un traitement oral qui modifie l’évolution de la maladie, pouvant intervenir suffisamment tôt pour permettre aux personnes atteintes de diabète de type 1 de moins dépendre du traitement à l’insuline, et, en parallèle, de réduire le risque de complications à long terme », a déclaré le Dr Michaela Waibel, de l’Institut de recherche médicale St. Vincent en Australie.

Ces résultats encouragent la poursuite des recherches à plus long terme pour évaluer si un traitement prolongé peut maintenir ces bénéfices. Les chercheurs suggèrent même qu’une intervention à des stades précliniques pourrait potentiellement prévenir l’apparition de la maladie.

Actuellement, le diabète de type 1 nécessite une insulinothérapie à vie. L’espoir réside dans des interventions immunomodulatrices précoces, comme ce traitement oral, afin de modifier durablement le cours de la maladie. Les prochaines étapes incluent des essais cliniques de phase III, qui testeront le médicament sur des patients nouvellement diagnostiqués ainsi que sur ceux aux stades initiaux de cette maladie auto-immune. Si ces essais confirment les résultats actuels, le baricitinib pourrait devenir, dans les cinq prochaines années, la première thérapie orale capable de modifier l’évolution du diabète de type 1.

Il est à noter que ce médicament est déjà autorisé dans l’Union européenne pour d’autres pathologies, notamment la polyarthrite rhumatoïde, l’alopécie et plus récemment la dermatite atopique.

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