Publié le 04 novembre 2025. Alors que la lutte contre la tuberculose pourrait connaître un tournant décisif avec l’arrivée potentielle d’un nouveau vaccin d’ici 2028, un rapport essentiel sur son financement et son accès équitable sera dévoilé prochainement. Cette publication intervient alors que le monde fait le point sur les progrès et les défis persistants en matière de vaccination mondiale.
Un groupe de travail conjointement piloté par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le gouvernement sud-africain et Gavi, l’Alliance du Vaccin, s’apprête à publier un nouveau rapport. Ce document, axé sur le financement et l’accès aux nouveaux vaccins contre la tuberculose, sera présenté le 6 novembre dans le cadre de la réunion des ministres de la Santé du G20 qui se tiendra du 4 au 7 novembre à Limpopo, en Afrique du Sud. Cette initiative vise à promouvoir un accès juste et un financement durable pour ces avancées médicales cruciales.
Les perspectives de la vaccination mondiale ont été au cœur des discussions lors de la réunion du Groupe consultatif stratégique d’experts en vaccination (SAGE) de l’OMS, qui s’est tenue du 22 au 25 septembre 2025. Ce conclave, auquel participait également le Groupe consultatif sur la politique de lutte contre le paludisme (MPAG), a dressé un état des lieux nuancé, soulignant à la fois les avancées notables et les obstacles qui persistent.
L’espoir d’un nouveau vaccin contre la tuberculose
Dans le domaine de la recherche sur les vaccins, une lueur d’espoir émane des travaux sur la tuberculose. Cinq vaccins sont actuellement en phase de test d’efficacité. Les experts se montrent prudemment optimistes quant à la disponibilité du premier nouveau vaccin antituberculeux destiné aux adultes et aux adolescents d’ici 2028. Cette perspective représente une avancée majeure après des décennies de recherche intensive.
Une reprise inégale de la couverture vaccinale
Malgré un retour global aux niveaux de couverture vaccinale d’avant la pandémie, la reprise s’avère inégale, particulièrement dans les zones fragiles ou touchées par des conflits. Le communiqué de l’OMS met en lumière les facteurs qui continuent de menacer les programmes de vaccination : les contraintes financières, l’instabilité géopolitique et une érosion de la confiance du public.
La revue à mi-parcours du Programme de vaccination 2030 (IA2030) a réaffirmé la pertinence de sa vision, mais appelle à une action renforcée et à des partenariats plus solides. L’objectif est d’aider les pays à mieux intégrer la vaccination dans les soins de santé primaires et à exploiter davantage les données pour guider et optimiser les stratégies de vaccination.
Défis persistants pour la COVID-19 et la poliomyélite
Concernant la vaccination contre la COVID-19, les discussions ont fait état d’une diminution des cas signalés. Cependant, la couverture vaccinale reste faible et inéquitable par endroits. De nouvelles directives sont attendues, qui incluront des stratégies de priorisation révisées et une évaluation plus poussée de l’efficacité des vaccins face aux variants.
S’agissant de la poliomyélite, le SAGE a souligné l’urgence d’agir pour stopper la transmission persistante du poliovirus sauvage au Pakistan et en Afghanistan, ainsi que les flambées de PVDVc2. Les recommandations insistent sur le renforcement des stratégies de vaccination, l’élargissement de l’utilisation du vaccin antipoliomyélitique oral bivalent (bOPV) et du vaccin antipoliomyélitique injectable (VPI) à dose fractionnée, le tout soutenu par un engagement politique fort.
Innovation et perspectives futures
Au-delà de la tuberculose, le SAGE a également publié des recommandations actualisées sur l’usage des vaccins contre le virus de la grippe A(H5) chez les populations à risque. L’importance d’un schéma vaccinal en quatre doses contre le paludisme a été réaffirmée. Par ailleurs, le groupe a encouragé la poursuite des efforts en faveur du développement de vaccins combinés, afin de simplifier leur administration et d’en améliorer l’acceptation.
Ces avancées et ces réflexions soulignent l’importance de l’instant présent. Elles offrent une opportunité unique de consolider les progrès réalisés, de réduire les inégalités et de garantir que toutes les communautés bénéficient du pouvoir salvateur des vaccins.