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Un nouvel outil peut estimer la probabilité de complications cardiaques après un traitement contre le cancer du sein

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Publié le 2025-11-05 16:02:00. Des chercheurs ont développé un modèle prédictif révolutionnaire capable d’évaluer le risque de développer une insuffisance cardiaque ou une cardiomyopathie dans les dix années suivant un traitement pour un cancer du sein précoce. Cette avancée promet une prise en charge cardiologique sur mesure pour les patientes survivantes.

  • Un nouveau modèle de prédiction permet d’estimer le risque cardiovasculaire à dix ans post-traitement d’un cancer du sein.
  • Il vise à offrir un suivi cardiologique personnalisé aux femmes ayant survécu à un cancer du sein.
  • L’étude révèle des risques allant de 1,7 % à 19,4 % selon la catégorie de risque définie par le modèle.

Les maladies cardiovasculaires et le cancer figurent parmi les principales causes de morbidité et de mortalité chez les femmes. Aux États-Unis, près de 20 % des trois millions de survivantes d’un cancer du sein souffrent également de pathologies cardiovasculaires, l’une des premières causes de décès après leur diagnostic. Si le taux de survie à cinq ans pour les cancers du sein de stade précoce dépasse 90 %, les effets cardiotoxiques des traitements peuvent considérablement altérer la qualité de vie, l’insuffisance cardiaque et la cardiomyopathie étant des complications fréquentes.

Les modèles de prédiction du risque d’insuffisance cardiaque, conçus pour le grand public, ne sont pas toujours adaptés aux femmes ayant reçu un traitement oncologique. Les outils existants pour ces patientes souffraient de limitations telles que des effectifs réduits, des périodes de suivi courtes et un manque de validation externe. C’est dans ce contexte qu’une équipe du centre médical de l’université de Georgetown a mis au point et validé un modèle spécifique.

Publiée dans la revue JAMA Oncology, l’étude s’est appuyée sur les données de 26 044 femmes âgées de 18 à 79 ans, diagnostiquées entre 2008 et 2020 d’un cancer du sein invasif local ou régional (c’est-à-dire qu’il s’était propagé à la zone environnante immédiate, mais pas aux organes distants) au sein du système de santé Kaiser Permanente en Californie du Sud. Les participantes ont été suivies en moyenne pendant 5,2 ans, avec une période maximale de 14 ans. La cohorte a été divisée en deux groupes : 60 % pour le développement du modèle et 40 % pour sa validation.

Le modèle prend en compte divers facteurs : les types de traitement reçus pour le cancer du sein, les facteurs de risque cardiovasculaire classiques (hypertension, diabète, obésité, tabagisme, antécédents d’accident vasculaire cérébral ischémique), ainsi que des éléments démographiques comme l’âge, la race, l’origine ethnique et le statut socio-économique. Le diagnostic d’insuffisance cardiaque ou de cardiomyopathie a été établi conformément aux codes internationaux de diagnostic (Classification Internationale des Maladies – CIM), soit par une hospitalisation, soit par au moins deux consultations ambulatoires consécutives dans un délai de trois mois.

Les résultats de l’étude indiquent que le risque dix ans après le traitement varie considérablement. Les femmes classées dans la catégorie à faible risque présentent un risque de 1,7 %, tandis que celles dans la catégorie à haut risque sont exposées à un risque de 19,4 %. En fin de période de suivi, environ 2 femmes sur 100 dans le groupe à faible risque ont développé une maladie cardiaque, contre 6 sur 100 dans le groupe moyen et 19 sur 100 dans le groupe à haut risque. Ces différences sont statistiquement significatives. Le risque est particulièrement accru avec l’âge, les femmes âgées de 65 à 79 ans étant les plus concernées.

Concernant les thérapies anticancéreuses, celles contenant des anthracyclines ont été associées au risque le plus élevé de dommages cardiaques. Elles sont suivies par les thérapies ciblant la protéine ERBB2 (également connue sous le nom de HER2), administrées sans anthracyclines, puis par la chimiothérapie autre que les anthracyclines. À l’inverse, le traitement endocrinien n’a pas été lié à une augmentation du risque d’insuffisance cardiaque ou de cardiomyopathie.

Les auteurs de l’étude soulignent que ce nouveau modèle peut orienter la gestion cardiaque personnalisée des femmes traitées pour un cancer du sein précoce, contribuant ainsi à la prévention des complications cardiovasculaires à long terme. Ces conclusions font écho à un article publié dans la même édition de JAMA Oncology, intitulé : « Les survivantes du cancer du sein devraient-elles être consultées par un cardiologue ? ».

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