Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des chercheurs canadiens explorent une piste prometteuse pour améliorer la qualité de vie des personnes atteintes du syndrome de Prader-Willi : l’impact d’un régime alimentaire riche en fibres sur leur microbiote intestinal et leur métabolisme.
- Une étude menée sur 14 patients atteints du syndrome de Prader-Willi a révélé des changements significatifs dans la composition de leur flore intestinale après l’ajout de 35 grammes de fibres à leur alimentation quotidienne.
- Bien que l’appétit des participants n’ait pas été significativement modifié, l’étude a identifié des modifications encourageantes dans certains marqueurs métaboliques.
- Les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les recherches pour personnaliser les approches nutritionnelles et optimiser le potentiel thérapeutique des fibres alimentaires.
Le syndrome de Prader-Willi (SPW) est une maladie génétique rare qui affecte environ une personne sur 15 000. Caractérisé par un appétit insatiable, il conduit fréquemment à l’obésité infantile et s’accompagne souvent de retards de développement neurologique, selon la Fondation pour la recherche Prader-Willi (FPWR).
Une équipe de l’Université de l’Alberta, en collaboration avec des experts internationaux, s’intéresse de près à l’influence de l’alimentation sur cette condition complexe. Récemment, leurs travaux, publiés dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, ont mis en lumière des pistes intéressantes.
L’étude a porté sur 14 enfants et jeunes adultes atteints du SPW. Pendant une période déterminée, ils ont intégré 35 grammes de fibres (environ 1,3 once) à leur régime quotidien, sous forme de compléments alimentaires en poudre et de galettes à base de pois chiches et de haricots. Des analyses de sang et de selles ont été réalisées avant, pendant et après cette période riche en fibres.
Les résultats ont montré que, si l’appétit des participants n’a pas été notablement affecté, la composition de leur microbiote intestinal a subi des changements significatifs. L’équipe a notamment observé une augmentation de certaines bactéries associées à une bonne santé intestinale, ainsi que des modifications dans certains marqueurs métaboliques.
« Ces résultats suggèrent que les fibres alimentaires peuvent influencer différemment le microbiote intestinal et les voies métaboliques d’un individu à l’autre, soulignant le potentiel d’approches plus personnalisées. »
Tan Qiming, chercheur postdoctoral à la Faculté de médecine et de médecine dentaire de l’Université de l’Alberta
Tan Qiming précise que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre comment exploiter pleinement le potentiel thérapeutique des fibres alimentaires pour les personnes atteintes du syndrome de Prader-Willi. L’objectif est de développer des stratégies nutritionnelles individualisées, adaptées aux besoins spécifiques de chaque patient.