Home Santé Un regroupement d’acteurs du secteur agroalimentaire sonne l’alarme et dénonce les coûts de la réforme de la collecte sélective

Un regroupement d’acteurs du secteur agroalimentaire sonne l’alarme et dénonce les coûts de la réforme de la collecte sélective

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Les entreprises agroalimentaires du Québec tirent la sonnette d’alarme face à une hausse fulgurante des coûts liés à la réforme de la collecte sélective, entrée en vigueur en janvier 2025. Un regroupement de huit associations réclame une intervention urgente du gouvernement, menaçant de voir ces coûts se répercuter sur le prix des produits de consommation.

Selon les associations, les coûts ont explosé, augmentant de 75 % à 350 % pour certaines entreprises. Alors que le gouvernement prévoyait des hausses de 23,6 millions de dollars d’ici 2030, les dépenses dépasseraient déjà les 483 millions de dollars pour l’année 2026, auxquelles s’ajoutent 327 millions de dollars liés à l’ancien régime. Ce décalage important, selon les associations, démontre que la réforme repose sur des « prémisses erronées ».

« La réforme partait d’une intention légitime. Mais le gouvernement a choisi d’implanter un système rigide, centralisé, sans mécanismes d’ajustement, et surtout sans écouter la réalité du terrain », a déclaré Sylvie Cloutier, directrice générale du Conseil de la transformation alimentaire du Québec, appelant à un retour à des coûts équivalents à ceux de 2023.

La réforme de la collecte sélective, qui élargit considérablement la gamme de matières acceptées dans le bac de recyclage – contenants, emballages et imprimés – rend également les entreprises responsables de la gestion de leurs produits, de la mise en marché jusqu’à leur recyclage, sous la supervision d’Éco Entreprises Québec (EEQ). Richard Scofield, président du groupe St-Hubert, dénonce le fait que « tout le fardeau financier » repose actuellement sur les producteurs et demande à Québec de revoir sa position.

« En principe, on n’est pas contre, parce que je pense que le système était prêt pour une refonte, mais on essaye de faire en cinq ans ce que d’autres pays ont fait en 20 ans », a-t-il ajouté.

L’opposition officielle en matière d’environnement estime qu’il est « essentiel de revoir la structure de financement d’EEQ, le règlement imposé par le gouvernement et les contrats qui ont été octroyés aux centres de tri », évoquant des « coûts stratosphériques ». De même, 15 entités de presse ont dénoncé dans une lettre conjointe les effets de cette nouvelle réforme et ont demandé à Québec d’exempter leurs productions des frais liés au recyclage, estimant que leur facture pourrait augmenter de 193 % entre 2022 et 2027.

Les associations agroalimentaires demandent une « intervention immédiate » du gouvernement, au plus tard le 20 juin, pour éviter que cette situation ne compromette la viabilité des entreprises et n’affecte le prix au détail.

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