Publié le 2026-02-20 12:03:00. Des chercheurs chinois ont identifié des anomalies dans la composition minérale des cheveux qui pourraient constituer un nouveau biomarqueur précoce de la maladie de Parkinson, offrant une méthode de diagnostic potentiellement non invasive.
- Une analyse comparative des cheveux de patients atteints de la maladie de Parkinson et de personnes en bonne santé révèle des différences significatives dans les niveaux de fer, de cuivre, de manganèse et d’arsenic.
- Ces variations pourraient être liées à des dysfonctionnements intestinaux et à des perturbations du microbiote, des facteurs de plus en plus associés au développement de la maladie.
- L’étude ouvre la voie à de nouvelles recherches pour valider ces résultats et explorer le potentiel d’un diagnostic simplifié basé sur l’analyse capillaire.
La maladie de Parkinson, une affection neurodégénérative progressive, affecte des millions de personnes dans le monde. Son diagnostic précoce représente un défi majeur, car les premiers symptômes sont souvent subtils et peuvent être attribués à d’autres causes. Les méthodes actuelles reposent principalement sur l’observation clinique et des examens d’imagerie, qui peuvent être coûteux et peu accessibles. Des recherches récentes se concentrent sur l’identification de biomarqueurs, des indicateurs biologiques mesurables, qui pourraient permettre un diagnostic plus rapide et précis.
L’équipe du biologiste Ming Li, de l’Université du Hebei, a mené une étude comparative sur 60 patients atteints de la maladie de Parkinson et un groupe témoin de personnes en bonne santé, d’âge similaire. Les résultats, publiés dans la revue iScience, montrent que les cheveux des patients parkinsoniens présentent des niveaux de fer et de cuivre significativement inférieurs, tandis que les concentrations de manganèse et d’arsenic sont plus élevées.
Les cheveux, en raison de leur capacité à accumuler les métaux lourds présents dans l’alimentation et l’environnement, offrent un avantage unique par rapport à d’autres fluides biologiques comme le sang, la salive ou l’urine. Contrairement à ces derniers, les cheveux conservent une trace plus longue de l’exposition aux substances toxiques et des changements métaboliques.
Les chercheurs ont également observé des anomalies similaires dans des modèles murins atteints d’une maladie de type Parkinson. Ils ont constaté une corrélation entre la carence en fer dans les cheveux et un dysfonctionnement de la barrière intestinale, ainsi qu’une régulation négative des gènes impliqués dans l’absorption du fer et une activité accrue des gènes liés à l’acquisition microbienne du fer. Ces observations suggèrent un lien étroit entre le microbiote intestinal, le métabolisme du fer et le développement de la maladie.
Des études antérieures ont déjà mis en évidence l’importance du microbiote intestinal dans la pathogenèse de la maladie de Parkinson. Des changements dans la composition des bactéries intestinales peuvent précéder de plusieurs années l’apparition des premiers symptômes. La maladie de Parkinson semble donc impliquer une communication complexe entre l’intestin et le cerveau. Une étude de 2025 a d’ailleurs confirmé une dérégulation du fer dans le cerveau, le sang et l’intestin des patients atteints de la maladie.
La présence élevée d’arsenic dans les cheveux des patients parkinsoniens mérite également d’être étudiée plus en profondeur, car elle pourrait être liée à une exposition environnementale. L’étude précise que les patients atteints de la maladie de Parkinson ont tendance à consommer davantage d’abats et de crustacés, des aliments potentiellement contaminés par l’arsenic.
Les chercheurs soulignent la nécessité de mener des études supplémentaires sur des cohortes plus importantes pour confirmer ces résultats et élucider les mécanismes reliant la carence en fer et la maladie de Parkinson. Ils estiment que la baisse des niveaux de fer dans les cheveux pourrait être un indicateur du dysfonctionnement gastro-intestinal observé chez les patients parkinsoniens et du déséquilibre du microbiote intestinal.
« En prenant tous ces résultats ensemble, nous suggérons que la baisse des niveaux de fer dans les cheveux pourrait être associée au dysfonctionnement gastro-intestinal chez les patients parkinsoniens, comme le montrent de nombreuses autres études », concluent les auteurs, « et aussi le déséquilibre du microbiote intestinal, qui présentait une capacité accrue d’absorption du fer ».
Si ces recherches confirment leurs résultats, une simple analyse capillaire pourrait un jour constituer un outil de diagnostic précoce et non invasif pour la maladie de Parkinson.