Publié le 11 février 2026. Une nouvelle étude canadienne révèle que les montres intelligentes pourraient prédire une rechute de dépression en analysant les perturbations du sommeil et de l’activité quotidienne, ouvrant la voie à une prévention plus personnalisée.
- Des horaires de sommeil irréguliers doublent quasiment le risque de rechute chez les personnes ayant déjà souffert de dépression majeure.
- La capacité à distinguer les périodes d’activité de celles de repos nocturne est un indicateur clé : une faible différence entre les deux prédit une rechute.
- Le temps passé éveillé après s’être endormi est également corrélé à un risque accru de rechute.
Des chercheurs de l’Université McMaster ont démontré qu’une simple montre connectée, semblable à une Fitbit ou une Apple Watch, pourrait servir de système d’alerte précoce pour les personnes en convalescence après un trouble dépressif majeur (TDM). L’étude, publiée dans JAMA Psychiatrie, a suivi 93 adultes canadiens pendant un à deux ans, analysant plus de 32 000 jours de données relatives à leur sommeil et à leur activité.
L’analyse a révélé que des changements subtils dans les habitudes de sommeil et d’activité peuvent signaler une rechute potentielle des semaines, voire des mois, avant l’apparition des symptômes cliniques. Environ 60 % des personnes atteintes de TDM connaissent une rechute dans les cinq ans suivant la rémission, même avec un traitement.
« Les progrès de la technologie numérique et des algorithmes d’IA offrent un grand potentiel pour la prévention des rechutes en santé mentale. Imaginez un avenir dans lequel une montre intelligente pourrait avertir les personnes souffrant de dépression : « Un nouvel épisode de dépression est très probable dans les quatre prochaines semaines. Que diriez-vous de consulter votre fournisseur de soins de santé ? » »
Benicio Frey, professeur, Département de Psychiatrie et neurosciences comportementales, Université McMaster
Actuellement, le suivi des patients repose principalement sur l’évaluation des symptômes, qui apparaissent généralement à un stade plus avancé de la rechute. La technologie portable permet une surveillance continue et passive, offrant ainsi une fenêtre d’opportunité pour une intervention précoce.
Les chercheurs soulignent que cette approche pourrait permettre aux cliniciens de cibler plus efficacement les soins sur les patients les plus à risque, améliorant ainsi les résultats et réduisant le fardeau des épisodes dépressifs récurrents. Ils estiment qu’il existe un potentiel d’innovation important dans le système de santé grâce à l’utilisation d’alertes issues des appareils portables.
« Bien qu’il soit reconnu depuis longtemps que des schémas anormaux de sommeil et d’activité sont associés à un risque plus élevé de rechute de dépression, la capacité de détecter passivement ces schémas anormaux à l’aide de capteurs intelligents ouvre une nouvelle fenêtre d’opportunité passionnante pour personnaliser les soins des conditions qui peuvent se reproduire, comme la dépression », expliquent les auteurs de l’étude.
Le trouble dépressif majeur est une maladie courante et grave qui touche des millions de personnes dans le monde. Elle affecte la façon dont une personne se sent, pense et fonctionne, et peut se manifester par une humeur dépressive persistante, une perte d’appétit, des sentiments de culpabilité et un désintérêt pour les activités quotidiennes.
Cette recherche a été financée par l’Institut ontarien du cerveau, Janssen Research & Development et le Fonds de recherche de l’Ontario – Excellence en recherche, en partenariat avec le Canadian Biomarker Network d’intégration dans la dépression (CAN‑BIND). En savoir plus sur les biomarqueurs.
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Référence du journal :
Tonon, AC, et al. (2026). Actigraphic assessment of 1-year sleep and rest-activity rhythms as markers of relapse in depression. JAMA Psychiatrie. DOI : 10.1001/jamapsychiatry.2025.4453. http://doi.org/10.1001/jamapsychiatry.2025.4453