Publié le 22 février 2026 21:15:00. Une simple analyse sanguine pourrait bientôt permettre de prédire l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer plusieurs années à l’avance, ouvrant la voie à des essais cliniques plus rapides et à une meilleure prise en charge des patients.
- Un nouveau test sanguin, basé sur le dosage de la protéine p-tau217, permet d’estimer le délai avant l’apparition des premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer avec une précision de trois à quatre ans.
- Cette avancée pourrait accélérer la recherche de traitements et permettre d’identifier les patients à risque pour une intervention précoce.
- L’étude, menée par des chercheurs de l’Université de Washington à Saint-Louis, a validé des biomarqueurs sanguins existants et propose une nouvelle approche pour prédire l’évolution de la maladie.
La maladie d’Alzheimer, responsable de 60 à 70 % des cas de démence selon l’Organisation mondiale de la santé, touche plus de 55 millions de personnes dans le monde. Jusqu’à présent, le diagnostic reposait sur des examens coûteux et invasifs, tels que les scanners cérébraux ou les ponctions lombaires. Cette nouvelle méthode, moins onéreuse et plus accessible, représente une avancée significative.
L’innovation repose sur l’analyse de la protéine p-tau217 présente dans le plasma sanguin. Les chercheurs ont constaté que l’évolution des niveaux de cette protéine est corrélée à l’accumulation de plaques amyloïdes et d’enchevêtrements de tau dans le cerveau, deux caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. En d’autres termes, le marqueur sanguin reflète ce qui se passe dans le cerveau sans nécessiter d’imagerie médicale.
Selon le Dr Suzanne E. Schindler, professeur agrégé de neurologie à l’Université de Washington,
« Nos travaux montrent la faisabilité d’utiliser des tests sanguins, qui sont considérablement moins chers et plus accessibles que l’imagerie cérébrale ou les tests de liquide céphalo-rachidien, pour prédire l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer. »
Les chercheurs ont analysé les données de 603 participants issus de deux études de longue durée. Ils ont utilisé un test sanguin diagnostique cliniquement disponible, PrecivityAD2, développé par C2N Diagnostics, ainsi que d’autres tests p-tau217 validés par la Food and Drug Administration des États-Unis. Les résultats ont été cohérents, ce qui suggère que l’approche est fiable et applicable dans différents contextes.
L’étude a également révélé que l’âge joue un rôle dans la progression de la maladie. Les personnes plus âgées présentant des niveaux élevés de p-tau217 développent des symptômes plus rapidement que les personnes plus jeunes. Cette observation pourrait s’expliquer par une plus grande résilience du cerveau chez les individus plus jeunes.
Cette avancée pourrait avoir un impact majeur sur la recherche de traitements contre la maladie d’Alzheimer. En identifiant les personnes susceptibles de développer des symptômes dans un délai prévisible, les chercheurs pourront mener des essais cliniques plus efficaces et tester l’efficacité de nouvelles interventions.
« À court terme, ces modèles accéléreront nos recherches et nos essais cliniques. À terme, l’objectif est de pouvoir indiquer à chaque patient quand il est susceptible de développer des symptômes, ce qui les aidera, eux et leurs médecins, à élaborer un plan pour prévenir ou ralentir les symptômes. »
a déclaré le Dr Schindler.
Les chercheurs ont mis à disposition leur code de construction de modèles et créé un outil en ligne pour permettre à d’autres scientifiques d’examiner et d’appliquer leur approche. Ils soulignent que le p-tau217 n’est qu’un des marqueurs sanguins liés à la maladie d’Alzheimer et que d’autres biomarqueurs pourraient affiner les prédictions dans le futur. L’étude complète a été publiée dans la revue Médecine naturelle.