Publié le 26 février 2026. La nouvelle série Netflix Les Lionnes, créée par Olivier Rosemberg, suit cinq femmes issues de milieux précaires qui se lancent dans le braquage pour reprendre le contrôle de leur vie, une comédie dramatique qui explore les thèmes de l’émancipation féminine et de la précarité sociale.
- La série, diffusée depuis le 5 février dernier, figure déjà dans le top 10 des séries TV françaises sur Netflix.
- L’intrigue met en scène des femmes qui, face à des difficultés économiques et sociales, choisissent l’illégalité pour changer leur destin.
- Si la série aborde des thèmes féministes, elle est parfois critiquée pour son traitement potentiellement stéréotypé des personnages masculins et des situations socio-économiques.
Inscrite au top 10 des séries TV françaises depuis sa sortie le 5 février dernier, Les Lionnes rencontre un franc succès. Signée Olivier Rosemberg, également connu pour son travail sur Super Mâles, Entreprise familiale, Le cœur des hommes, LT-21 et Comme un prince, cette série investit le genre du récit d’action à travers un regard féminin.
Pendant huit épisodes, la série suit Rosalie (Rebecca Marder), Kim (Zoé Marchal), Sofia (Naidra Ayadi), Alexandra (Tya Deslauriers) et Chloé (Pascale Arbillot), cinq femmes aux trajectoires singulières, mais toutes confrontées à des difficultés. Poussées par le besoin d’indépendance financière et par des situations économiques précaires, elles décident de braquer une banque, déguisées en hommes, pour reprendre leur destin en main.
Si l’intrigue promet un divertissement digne d’un film de braquage, la série soulève des questions sur la représentation féminine et la pertinence d’un regard masculin sur des expériences féminines. Certains s’interrogent sur la délicatesse de traiter un tel sujet lorsque le réalisateur ne peut pleinement comprendre le point de vue féminin.
Un discours féministe en question
Il est rafraîchissant de voir une série centrée sur cinq personnages féminins, d’autant plus qu’elles incarnent des braqueuses, un rôle traditionnellement associé aux hommes. Ce renversement des codes permet de s’affranchir des stéréotypes qui relèguent les femmes aux rôles de victimes. Cependant, la série semble parfois limiter les femmes à des emplois sans pouvoir de décision, tandis que les postes à responsabilité sont occupés par des personnages masculins.
Cette situation pose la question d’un choix narratif stratégique ou d’un continuum inconscient d’un imaginaire masculiniste. Est-ce une manière de dépeindre les antagonistes féminins ou simplement la persistance d’un schéma où les postes de pouvoir sont réservés aux hommes ?
Les Lionnes aborde des thèmes liés aux luttes féministes, tels que les violences conjugales et les violences économiques. Toutefois, leur traitement peut sembler maladroit et superficiel. Bien que l’intention d’aborder ces sujets soit claire, ils servent parfois davantage de ressort dramatique qu’à une véritable inscription dans un discours engagé.
Profondeur féminine, caricature masculine
Un contraste notable se dessine entre le traitement des personnages féminins et masculins. Les figures féminines possèdent une profondeur et une densité psychologique, tandis que les personnages masculins semblent caricaturés. Si cette approche permet de centrer le récit sur les expériences féminines, la réduction des personnages masculins à des stéréotypes limite la richesse du propos.
Le choix de situer l’action dans un contexte socio-culturel marqué par la pauvreté et les quartiers populaires soulève également des questions. Il révèle une narration empreinte de stéréotypes, selon laquelle l’illégalité et la violence seraient le seul moyen d’émancipation pour les personnes issues de milieux précaires. Cette représentation simplifie à l’extrême le parcours des habitants de ces quartiers et renforce une vision selon laquelle la criminalité serait une issue inévitable.
Malgré ces réserves, Les Lionnes réussit à allier humour déjanté et émotions. L’intrigue captivante et les nombreux rebondissements tiennent le spectateur en haleine. La série est donc ambivalente : les thèmes abordés sont audacieux, mais l’intrigue peine parfois à offrir une véritable critique sociale et tend même à renforcer certains stéréotypes.