Publié le 24 février 2026. Une immense structure magnétique, dissimulée sous le Territoire du Nord australien, a été révélée par une nouvelle cartographie, offrant un aperçu inédit de l’histoire géologique du continent et ouvrant des perspectives pour une exploration minière plus ciblée.
Une anomalie magnétique de proportions gigantesques a été détectée sous le Territoire du Nord en Australie. Cette structure, dont la forme rappelle celle du pays, a été mise en évidence grâce à une réanalyse de données collectées depuis les années 1990 par l’agence scientifique nationale australienne, le CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation).
Les chercheurs ont baptisé cette formation l’anomalie magnétique australienne. Elle se manifeste comme une variation locale du champ magnétique terrestre, causée par des roches riches en minéraux, notamment le fer, qui conservent une « mémoire » de leur formation remontant à des milliards d’années. Selon les premiers résultats, la marge ouest de l’anomalie correspond à des formations rocheuses datant d’environ 2 500 à 1 600 millions d’années.
La découverte n’est pas le fruit de nouvelles fouilles, mais d’une réinterprétation de données existantes. L’équipe du géoscientifique Clive Foss a réexaminé les informations issues de l’Enquête sur le puits Bonney, une campagne aérienne menée en 1999. Des avions équipés de magnétomètres avaient alors survolé le Territoire du Nord en suivant des lignes espacées d’environ 400 mètres, mesurant les infimes variations du champ magnétique.
Les premières images étaient toutefois entachées d’artefacts qui masquaient les détails les plus fins. C’est le travail d’Aaron Davis, qui a développé un nouvel algorithme de traitement, qui a permis de « nettoyer » les données et de générer des cartes plus précises. Selon Foss, ces données magnétiques permettent de « voir à travers le sol et de comprendre une architecture géologique qui autrement resterait complètement cachée ».
Les roches constituant cette anomalie présentent deux types de magnétisme : une aimantation induite, sensible au champ magnétique actuel, et une aimantation rémanente, une sorte de « mémoire permanente » qui conserve l’empreinte du champ magnétique au moment de la formation de la roche. L’interprétation de ces signaux est complexe, car le champ magnétique terrestre a connu de nombreuses inversions au cours de l’histoire de la planète, et les mouvements des plaques tectoniques ont déplacé et fait pivoter les blocs rocheux.
Au-delà de l’intérêt scientifique, cette découverte pourrait avoir des implications concrètes pour l’exploration minière. Les cartes aéromagnétiques, dont celles qui ont révélé l’anomalie australienne, sont largement utilisées par les entreprises et les gouvernements pour localiser des minéraux clés nécessaires à la transition énergétique, tels que le cuivre ou les métaux utilisés dans les batteries. Une meilleure connaissance du sous-sol permettrait ainsi de cibler plus efficacement les explorations et de réduire leur impact sur les écosystèmes fragiles.
Le CSIRO souligne que depuis les années 1990, une grande partie de ces données géophysiques sont librement accessibles et utilisées dans le monde entier, une pratique que d’autres pays commencent à adopter. Cela signifie que la recherche financée par des fonds publics contribue non seulement à de nouvelles découvertes, mais aussi à une exploitation minière plus efficace et respectueuse de l’environnement.
L’anomalie magnétique australienne représente donc un véritable laboratoire naturel, condensant des milliards d’années d’histoire géologique. Les chercheurs continueront d’affiner les modèles et de comparer les données magnétiques avec les affleurements rocheux, comme ceux de Hatches Creek, où ces formations profondes sont visibles en surface. Une meilleure compréhension de l’intérieur de la Terre permettra, à terme, de concilier la recherche de ressources avec la protection du territoire et du climat.
Le communiqué officiel du CSIRO concernant cette découverte est disponible sur leur site web.